Lundi 22 janvier 2007 1 22 /01 /Jan /2007 16:45

Benoît XVI et la liturgie

Analyse d’une crise

Il suffit de regarder la quantité d’ouvrages dans lesquels le Pape Benoit XVI aborde des questions relatives à la liturgie pour comprendre que c’est un sujet qui lui tient à cœur.

En raison du lien qui existe entre la liturgie et la Foi, l’ancien préfet pour la congrégation pour la doctrine de la Foi n’a pas manqué d’analyser l’importance de la liturgie : « Il est apparu de plus en plus clairement qu'il en va dans la liturgie de notre compré­hension de Dieu et du monde, de notre relation au Christ, à l'Eglise et à nous-mêmes : dans notre rapport avec la liturgie se joue le destin de la foi et de l'Eglise[1] ».

La crise que l’Eglise connaît aujourd’hui, quant à l’expression de la Foi, ne peut donc manquer pour le cardinal Ratzinger d’avoir un écho en liturgie. Contrairement à la nature pre­mière du mouvement liturgique, explique le cardinal Ratzinger, « la réforme liturgique, dans sa réalisation concrè­te, s'est éloignée toujours davantage de cette origine. Le résultat n'a pas été une réanimation, mais une dévastation. D'un côté, on a une liturgie dégénérée en show, où l'on essaie de rendre la religion intéressante à l'aide de bêtises à la mode et de maximes morales aguichantes, avec des succès momen­tanés dans le groupe des fabricants liturgiques, et une attitu­de de recul d'autant plus prononcée chez ceux qui cherchent dans la liturgie, non pas le showmaster spirituel, mais la ren­contre avec le Dieu vivant devant qui tout "faire" devient insi­gnifiant, seule cette rencontre étant capable de nous faire accéder aux vraies richesses de l'être[2] ». Cette liturgie dégé­nérée résulte d'une nouvelle conception de la liturgie, concep­tion plus ou moins consciente, dont les lignes directrices « peuvent se résumer à l’aide de formules telles que créativi­té, liberté, célébration, communauté. Selon cette conception, le rite, les contraintes, l'intériorité, l'ordonnance générale de l'Église apparaissent comme des notions négatives qui carac­térisent une étape à dépasser de l'ancienne liturgie.[3] »

 

I.     Une analyse de la crise liturgique actuelle

 

S'inspirant de Romano Guardini, pionnier du mouvement liturgique, le cardinal Ratzinger rappelait dans son livre Un Chant nouveau pour le Seigneur les trois dimensions ontologiques dans lesquelles se déploie la liturgie : le cosmos, l'histoire et le mystère. Si le cardinal a formulé des réserves sérieuses sur la réforme liturgique, c’est que ces aspects en sont absents.

La nouvelle liturgie, en effet :        

a) n'est pas cosmique, étant limitée au groupe.

b) Elle n'a pas d'histoire, puisqu'elle affirme son émancipation par rapport, à toute donnée extrinsèque et à tout héritage.

c) Elle ne connaît pas le mystère, tout s'y expliquant et devant être expliqué.

 

a)     La nouvelle liturgie et la dimension cosmique

« Il s'agit bien plutôt pour les participants de s'assurer de leur communauté mutuelle et de sortir ainsi de leur isolement, dans lequel l'existence moderne enferme l'individu. Il s'agit de nourrir des senti­ments de libération, de joie, de réconciliation, de dénoncer ce qui est nuisible et de donner des impulsions pour l'action. C'est pourquoi il revient à la communauté de créer elle-même sa liturgie et non de la recevoir de traditions devenues incom­préhensibles : la communauté se représente et se célèbre elle-même.[4] »

« Le groupe s'oppose ainsi à l'Eglise, la communauté à l'institution. La communau­té est le lieu de l'espérance, tandis que l'institution est l'expression de la menace des puissants.[5] »

« Non seulement des prêtres, mais des évêques ont l'impression qu'ils ne sont pas fidèles au concile s'ils repren­nent les prières telles qu'elles figurent dans le missel ; il faut y glisser au moins une formule "créative", si banale qu'elle soit. Et les souhaits de bienvenue aux assistants, éventuelle­ment aussi un au revoir amical, sont déjà devenus des élé­ments obligatoires de l'action sainte, auxquels personne n'oserait se soustraire.[6] »

« La liturgie sans Eglise porte la contradiction en elle-même. Là où tous sont acteurs, pour que tous deviennent sujets, celui qui agit réellement dans la liturgie disparaît lui aussi, en même temps que le sujet commun, l'Église. On oublie, en effet, qu'elle devrait être opus Dei, que c'est d'abord Dieu qui agit et que c'est par son agir que nous sommes sau­vés. En se célébrant lui-même, le groupe ne célèbre rien du tout. Il n'est pas motif à célébration. C'est pourquoi l'activité commune sécrète l'ennui. Rien ne se passe, en effet, si reste absent celui que le monde entier attend. (...) On n'est même plus en droit de parler de liturgie, qui présuppose l'Église ; il ne reste que des rituels de groupe.[7] »

« Les conséquences d'une telle valorisation de la com­munauté vécue au détriment de la réalité sacramentelle sont graves : c'est elle-même que la communauté célèbre.[8] »

Il invite à ce « que la liturgie soit à nouveau une activité communautaire de l'Eglise et qu'elle soit arrachée à l'arbitraire des curés et de leurs équipes liturgiques ».[9]

« La créativité des liturgies autofabriquées se meut dans un cercle restreint, nécessairement misérable, comparée à la richesse d’une  liturgie dont la croissance couvre des siècles et même des millénaires.[10] »

 

b)     La réforme face à l’histoire de la liturgie

« La constitution sur la liturgie du concile a certes posé les fondements pour la réforme ; mais la réforme elle-même a été ensuite mise en œuvre par un conseil post-conciliaire et, dans ses détails concrets, elle ne peut pas être simplement ramené au concile.[11] »

« D'innombrables exposés donnent l'impression que, depuis Vatican II, tout a changé et que tout ce qui l'a précédé est dépourvu de valeur, ou dans le meilleur des cas, n'en acquiert qu'à sa lumière. Le second concile du Vatican n'est pas abordé comme une partie de l'ensemble de la Tradition vivante de l'Eglise, mais comme la fin de la Tradition et un redémarrage à zéro. La vérité est que le Concile n'a défini aucun dogme et a voulu consciemment s'exprimer à un niveau plus modeste, simplement comme un concile pastoral. Pourtant, nombreux sont ceux qui l'interprètent comme s'il était presque le superdogme qui ôte toute importance au reste. Cette impression est surtout renforcée par certains faits courants. Ce qui était autrefois considéré comme le plus sacré - la forme transmise de la liturgie - apparaît d'un seul coup comme ce qu'il y a de plus défendu et la seule chose que l'on puisse rejeter en toute sûreté. -On ne tolère pas la critique des options de la période post-conciliaire ; mais, là où les antiques règles sont en jeu, ou bien les grandes vérités de la foi - par exemple la virginité corporelle de Marie, la résurrection corporelle de Jésus, l'immortalité de l'âme, etc. - on ne réagit même plus, ou alors avec une modération extrême. […]Tout cela conduit de nombreuses personnes à se demander si l'Église d'aujour­d'hui est réellement celle d'hier, ou si on l'a remplacée par une autre sans les en aviser. La seule manière de rendre crédible Vatican II est de le présenter clairement pour ce qu'il est: une partie de l'entière et unique Tradition de l'Église et de sa foi.[12] »

« Il faut constater que le nouveau missel, quels que soient tous ses avantages, a été publié comme un ouvrage réélaboré par des professeurs, et non comme une étape au cours d'une crois­sance continue. Rien de semblable ne s'est jamais produit sous cette forme, cela est contraire au caractère propre de l'évolution liturgique.[13] »

« Ce qui s'est passé après le concile signifie tout autre chose : à la place de la liturgie fruit d'un développement continu, on a mis une liturgie fabriquée. On est sorti du processus vivant de croissance et de devenir pour entrer dans la fabrication. On n'a plus voulu continuer le devenir et la maturation orga­niques du vivant à travers les siècles, et on les a remplacés - à la manière de la production technique - par une fabrication, produit banal de l'instant[14] ». Il avait écrit précédemment « La liturgie ne naît pas d'ordonnances, et l'une des insuffi­sances de la réforme liturgique post-conciliaire est sans aucun doute à chercher dans le zèle de professeurs qui, de leur bureau, ont construit ce qui aurait dû relever d'une crois­sance organique. Un exemple caractéristique à nos yeux de cette manière de faire est la réforme du calendrier... ».[15]

« La crise de la liturgie ne repose que pour une très faible part sur la différence qui existe entre les anciens livres et les nouveaux. Il devient de plus en plus clair qu'à l'arrière-plan de toute la querelle, de profondes divergences de vue se sont fait jour, (...) deux conceptions fondamentalement différentes.[16] » Mais il n'innocente pas pour autant les livres liturgiques officiels, à la différence de certains catholiques qui, par souci d'obéissan­ce, se contentent d'incriminer leurs applications malencon­treuses. Il écrit par exemple : « La prédominance exclusive de la parole, que malheureusement les livres liturgiques officiels eux-mêmes suggèrent quelque peu, est critiquable[17] ». Ailleurs, il critique sans bienveillance le nouveau rituel bap­tismal.[18]

C’est une idée récurrente chez le cardinal : la liturgie appartenant à l'Eglise, personne n'a le droit de la changer à sa guise. D'où cette exclamation remplie de nostalgie : « Elle était si belle, cette continuité qui faisait que l'on ne dépendait ni du curé ni même des autorités romaines ! »[19]

 

c)     La nouvelle liturgie et la présence du mystère 

« Le terme de participatio actuosa (participation active, dans le Concile) a très vite été pris dans le sens extérieur et superficiel d'une activité nécessaire, généralisée, comme s'il fallait que le plus grand nombre des personnes, et le plus souvent possible, soit manifestement actives. Certes, le mot participation implique une action à laquelle chacun est associé. Mais pour définir le type d'activité dont il s'agit, il faut d'abord établir ce qu'est l' actio centrale à laquelle tous les membres de la communauté sont censés prendre part... La véritable action liturgique, l'acte liturgique par excellence est l'oratio, la grande prière qui forme le noyau de l'Eucharistie, laquelle, pour cette raison, fut appelée oratio par les Pères... L'oratio - la Prière eucharistique, le canon - est actio au sens le plus élevé... Les actions extérieures de la liturgie (lectures, chants, collecte des dons) peuvent, bien entendu, être réparties de façon appropriée, mais en marquant bien la différence entre participation au service de la parole (lecture, chant) et célébration sacramentelle proprement dite. L'aspect secondaire de ces actions extérieures devrait être clairement manifestée ; l'évidence doit s'imposer : l' oratio ouvre l'espace à l'actio de Dieu. »[20]

« La liturgie n'est pas un show, un spectacle qui ait besoin de metteurs en scène géniaux, ni d'acteurs de talent. La liturgie ne vit pas de surprises sympathiques, de trouvailles captivantes mais de répétitions solennelles. Elle ne doit pas exprimer l'actualité et ce qu'elle a d'éphémère, mais le mystère du sacré. »[21]

« Il en est ressorti qu'on n'avait une participation active que s'il y avait activité extérieure tangible : discours, paroles, chants, homé­lies, lectures, poignées de mains... Mais on a oublié que le concile place aussi dans l'actuosa participatio le silence, qui favorise une participation vraiment profonde, personnelle, nous permettant d'écouter intérieurement la parole du Seigneur. Or, de ce silence, il n'y a plus trace dans certains rites. »[22]

« La prière communautaire de la liturgie doit, elle aussi, tendre à ce qu'on ne parle pas seulement les uns aux autres, mais bien à Dieu. C'est alors que nous parlerons le mieux et le plus pro­fondément ensemble. »[23]

« Nous devons redonner à la liturgie la dimension du sacré. La liturgie n'est pas un festival, elle n'est pas une réunion de détente. Ce qui importe, ce n'est pas que le curé réussisse à produire de son cru des idées suggestives ou des élucubrations. La liturgie, c'est Dieu trois fois saint se rendant présent parmi nous, c'est le buisson ardent, c'est l'alliance de Dieu avec l'homme, en Jésus-Christ, celui qui est mort et ressuscité. La grandeur de la liturgie ne se fonde pas sur le fait qu'elle offre un passe-temps intéressant, elle consiste bien plutôt dans l'acte de se rendre tangible du Totalement­-Autre que nous ne sommes pas en mesure de faire venir. Il vient parce qu'Il le veut. Autrement dit, l'essentiel dans la liturgie est le mystère, qui se réalise dans le rite commun de l'Eglise ; tout le reste la réduit. Les gens le ressentent vivement, et se sentent trompés, lorsque le mystère se transforme en distraction, quand l'auteur principal dans la liturgie n'est pas le Dieu vivant mais le prêtre ou l'animateur liturgique. »[24]

« Le silence, cheminement en commun vers l'homme intérieur ... est indispensable à une véritable participatio actuosa... Un discours ininterrompu à haute voix étouffe l'exigence intrinsèque des paroles... La proclamation du canon constamment à haute voix appelle à grands cris une variété à laquelle la multiplication des prières eucharistiques, si grande soit-elle, ne saurait suffire ... La variété elle aussi devient à la longue ennuyeuse, […] d'autant plus que leur qualité et leur convenance théologique sont parfois à la limite du suppor­table »[25], note de façon incisive le cardinal.

Le cardinal Ratzinger évoque avec tristesse « l'appauvris­sement. effrayant résultant de la mise à la porte de l'Eglise de la beauté gratuite, remplacée par une soumission exclusive à l'utilitaire », « le froid que fait passer sur nous la morne litur­gie post-conciliaire », « l'ennui que provoque son goût pour le banal et sa médiocrité artistique ».[26]

« La banalité et le rationalisme enfan­tin de liturgies autobricolées, avec leur théâtralité artificielle, laissent de plus en plus apparaître leur grande pauvreté : leur inconsistance saute aux yeux. Le pouvoir du mystère s'est évanoui et les petites autosatisfactions qui prétendent compenser cette perte ne peuvent plus satisfaire à la longue les fonctionnaires eux-mêmes. »[27]

« L'exigence aujourd'hui vraiment répandue n'est pas celle d'une liturgie sécularisée, mais au contraire d'une nouvelle rencontre avec le Sacré au moyen d'un culte qui permette de reconnaître la présence de l'Eternel. »[28]

 

II. La valeur du rit tridentin

 

En préliminaire, rappelons que le cardinal a toujours esti­mé qu'un véritable pluralisme devait reconnaître que la litur­gie traditionnelle a une place.[29] On sait aussi sa bienveillance concrète envers les prêtres et communautés religieuses qui en assurent la pérennité. I1 écrivait dès 1982 à propos de ses défenseurs : « Tous leurs reproches sont-ils injustifiés ? Par exemple, n'est-il pas vraiment singulier qu'on n'ait jamais entendu, à l'égard des destructions faites au cours même de la liturgie, de réactions épiscopales semblables à celles qui s'expriment aujourd'hui contre l'emploi d'un missel de l'Eglise dont l'existence remonte bien plus haut que Pie V ? »[30]

Il développe la même idée d’un droit à l’existence au milieu du pluralisme actuel : « Je suis certes d'avis que l'on devrait accorder beaucoup plus généreusement à tous ceux qui le souhaitent le droit de conserver l'ancien rite. On ne voit d'ailleurs pas ce que cela aurait de dangereux ou d'inacceptable. Une communauté qui déclare soudain strictement interdit ce qui était jusqu'alors pour elle ce qu'il y a de plus sacré et de plus haut, et à qui l'on présente comme inconvenant le regret qu'elle en a, se met elle­-même en question. Comment la croirait-on encore ? Ne va-t­-elle pas interdire demain ce qu'elle prescrit aujourd'hui ?... Des centres où la liturgie est célébrée sans affectation, mais avec respect et grandeur, attirent, même si l'on ne comprend pas chaque mot. C'est de tels centres, qui peuvent servir de critères, que nous avons besoin. Malheureusement, la tolérance envers des fantaisies aventureuses est chez nous presque illimitée, mais elle est pratiquement inexistante envers l'ancienne liturgie. On est sûrement ainsi sur le mauvais chemin ».[31]

C’est par respect pour la Tradition qu’il faut garder ce rit : « Pour souligner qu'il n'y a pas de rupture essentielle, que la continuité et l'identité de l'Eglise existent, il me semble indispensable de maintenir la possibilité de célébrer selon l'ancien Missel comme signe de l'identité permanente de l'Eglise. C'est pour moi la raison fondamentale : ce qui était jusqu'en 1969 LA liturgie de l'Eglise, la chose la plus sacrée pour nous tous, ne peut pas devenir après 1969 -avec un positivisme incroyable- la chose la plus inacceptable ».[32]

Contrairement au N.O.M., le missel de Trente ne tombe pas sous la critique d’un missel fabriqué de toute pièce : « Il n'y a pas en effet de liturgie tridentine et, jusqu'en 1965, personne n'aurait su dire ce que recouvrait cette appellation. Le concile de Trente n'a fabriqué aucune liturgie. Et, au sens strict, il n'y a pas non plus de missel de saint Pie V. Le missel qui parut en 1570 sur l'ordre de saint Pie V ne se différenciait que par d'infimes détails de la première édition imprimée du Missale romanum publiée juste cent ans plus tôt ».[33]

Le cardinal ne se fait cependant pas d’illusion sur l’accueil reçu dans bons nombre d’endroit par les fidèles attachés au rit tridentin : « il ne serait pas très réaliste de vouloir passer sous silence les moins bonnes choses : qu'en maints endroits les difficultés persistent et continuent à persister, parce que tant les évêques que les prêtres et les fidèles considèrent cet attachement à la liturgie ancienne comme un élément de division, qui ne fait que troubler la communauté ecclésiale et qui fait naître des soupçons sur une acceptation du concile « sous réserve seulement », et plus généralement sur l'obéissance envers les pasteurs légitimes de l'Eglise. »[34]

Il exprime une des raisons de cet acharnement contre la liturgie tridentine : « C'est seulement à partir de la disqualification pratique de Trente, que l'on peut comprendre l'exaspération accompagnant la lutte contre la possibilité de célébrer encore, après la réforme liturgique, la messe selon le missel de 1962. Cette possibilité est la contradiction la plus forte et dès lors la moins tolérable par rapport à l'opinion de qui estime que la foi en l'Eucharistie formulée par Trente a perdu sa validité. »[35]

La liturgie tridentine conserve aux yeux  de notre pape toutes les qualités d’une bonne liturgie : elle permet aux fidèles de participer à l’action sainte tout en préservant le mystère :

« De nombreuses raisons peuvent avoir induit beaucoup de gens à chercher refuge dans l'ancienne liturgie. La principale est qu'ils y trouvent conservée la dignité du sacré. Après le Concile, beaucoup ont élevé consciemment la "désacralisation" au rang de programme d'action »[36]

Il s'ensuit que la participation active des fidèles est pos­sible dans le rite romain d'avant 1969. C'est sans paradoxe aucun que le cardinal écrivait, dans sa préface au missel édité par le Barroux, que cette réédition, en aidant les fidèles « à participer activement à la célébration de la sainte Messe (...) contribuera à sa manière au renouveau liturgique deman­dé par le concile Vatican II ». Dans La célébration de la foi, il a ces mots splendides : « Comparée à l'activisme uniquement extérieur qui s'est installé çà et là, l'ancienne manière de par­ticiper en silence au déroulement de la messe était beaucoup plus réaliste et dramatique : participation à l'action essentiel­le, percée de la communauté de foi hors des profondeurs et par-dessus les abîmes du silence ».[37]

Une dernière citation, tirée du hors-série de l’homme nouveau, enquête sur l’esprit de la liturgie p.56 : « HN : Une question, Éminence, en marge de votre livre mais en rapport, quand même avec la liturgie. Elle concerne les catholiques vivant selon les dispositions du Motu pro­prio Ecclesia Dei. Ils ont été fortement secoués par des dis­positions qui les ont inquiétés sur leur place dans l'Église aujourd'hui. Est-ce que la liturgie qu'ils célèbrent a une place et est-ce qu'elle peut être utile à l'Église ?

Cal J. R. : Oui, assurément, elle a une place. Il me semble très important de montrer l'identité fondamentale qui existe entre l'un et l'autre rite. II n'y a pas de rupture. Et, donc, cette liturgie, dans la dernière forme codifiée en 1962, doit être conservée. Elle a une longue histoire de piété. Tant de saints ont vécu avec cette liturgie, avec cette forme très vénérable, ce trésor de l'Église. J'estime donc que les auto­rités de l'Église doivent être larges et généreuses, afin de permettre aux fidèles d'y avoir accès. La crainte d'une déchirure de l'Église, si l'on accorde généreusement cette liturgie, me semble vraiment exagérée. En étant généreux, nous nous apercevrions que ces catholiques veulent être fidèles à l'Église, aux évêques et que dès lors, ils vivront en paix avec la nouvelle liturgie. »

 

 

Il semble évident que pour notre pape, le maintien de la liturgie traditionnel est nécessaire pour que soit maintenu vivante dans l’Eglise une façon de s’approcher de Dieu qui dévoile et qui voile en même temps, une façon de cultiver le mystère : « Nous avons connu tant d'inquiétudes que je suis favorable, pour le moment, à un peu de paix liturgique. Et à une maturation qui conduira sûrement demain - mais cela, laissons-le à la Providence - à une réforme de la réforme.[38] »



[1] Un chant nouveau pour le Seigneur, p. 7

[2] La réforme liturgique en question, préface, p. 6

[3] La célébration de la Foi, p. 61

[4] Un chant nouveau pour le Seigneur, p. 49

[5] Un chant nouveau pour le Seigneur, p. 49

[6] Un chant nouveau pour le Seigneur, pp. 153-154

[7] Un chant nouveau pour le Seigneur, p. 156

[8] Ibid., p. 103

[9] La réforme liturgique en question, préface, p. 07

[10] La célébration de la Foi, p. 67

[11] Un chant nouveau pour le Seigneur, p. 175

[12] Discours aux évêques chiliens, in La Pensée Catholique, n°237

[13] La célébration de la Foi, p. 84

[14] La réforme liturgique en question, préface, p. 08

[15] La célébration de la Foi, p. 79

[16] La célébration de la Foi, p. 61

[17] La célébration de la Foi, p. 71

[18] Les principes de la théologie catholique, Téqui, 1985, pp. 44 et 113

[19] 30 jours n°5, 1993

[20] L’esprit de la liturgie

[21] Entretien sur la Foi, p. 151

[22] Entretien sur la Foi, p. 151

[23] La célébration de la Foi, p. 70

[24] Discours aux évêques chiliens, in La Pensée Catholique, n°237

[25] La célébration de la Foi, p. 71

[26] La célébration de la Foi, p. 96

[27] Un chant nouveau pour le Seigneur, pp. 49-50

[28] La célébration de la Foi, p. 56

[29] Entretien sur la Foi, p. 146

[30] Les principes de la théologie catholique, Téqui, 1985, pp. 436

[31] Le sel de la terre, p. 172

[32] La théologie de la liturgie, conférence donnée à Fontgombault, 22-24 juillet 2001

[33] La célébration de la Foi

[34] Discours pour le 10e anniversaire du motu proprio Ecclesia Dei.

[35] La théologie de la liturgie, conférence donnée à Fontgombault, 22-24 juillet 2001

[36] Discours aux évêques chiliens, in La Pensée Catholique, n°237

[37] La célébration de la Foi, p. 87

[38] 30 jours n°5, 1993

Par Abbé Sauvonnet - Publié dans : Groupe étudiant
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 00:40
Souvenirs d'une belle journée !

 

 

Les photos du passage de l'abbé Ribeton à Bouloire et à Montmirail sont mises en ligne dans les albums respectifs de ces deux lieux de culte (cf. Albums photos/Bouloire ou /Montmirail).

 

La solennité des offices a été remarquable : le supérieur de district a d'ailleurs félicité, à chaque fois, les servants pour leur tenue dans le choeur. Il a en outre expliqué dans les discussions de l'après-midi le caractère propre de la Fraternité Saint-Pierre et donné des nouvelles de la Tradition.

 

Nous tenons à remercier M. l'abbé Ribeton de nous avoir ainsi honorés de sa présence. Il nous a promis qu'il reviendrait !

 

Abbé Q. Sauvonnet

 


Si vous désirez posséder l’une ou l’autre des photos en qualité supérieure, vous pouvez demander aux abbés de vous les faire parvenir par courriel. Leurs adresses se trouvent sur le site.

 

Par Les abbés - Publié dans : fssp-sarthe
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /Jan /2007 14:30
Pensez à faire bénir vos maisons chaque année à l'Epiphanie !

Faites venir votre abbé pour qu'il bénisse votre demeure en ce début d'année 2007. Vous avez jusqu'au 2 février...

Vous pouvez vous faire une idée de cette bénédiction, en effet le rituel est le suivant : ( traduction en Français ) :

V / la paix soit dans cette maison
R / et à tous ceux qui y habitent !

Antienne :
Les mages sont venus de l'Orient à Bethleem pour adorer le Seigneur; ouvrant leur trésors, ils offrirent des biens précieux : de l'or pour le grand Roi, de l'encens pour le vrai Dieu, de la myrrhe pour sa sépulture, Alléluia !

Cantique Magnificat ( Saint Luc 1, 46-55 )

Puis le prêtre asperge d'eau bénite chaque pièce de la maison puis les encense.

On repette ensuite l'antienne ci dessus.

Pater Noster

V / Omnes de Saba veniant
R / Aurum et thus deferentes
V / Domine exaudi orationem meam
R / Et clamor meus ad te veniat
V / Dominus vobiscum
R / Et cum spiritu tuo

Oremus : ( collecte de la messe de l'Epiphanie )
Dieu qui avez ence jour, révélé votre Fils unique aux nations paiennes en les guidant par une étoile, faites qu'après vous avoir connu déjà par la foi, nous soyons conduits jusqu'à la contemplation face à face de votre grandeur sublime, par le même Jesus Christ....

Respons
Illumine toi Jérusalem car ta lumière arrive et se lève au dessus de toi la gloire du Seigneur, Jésus Christ né de la Vierge Marie.

V / Les nations marcheront dans ta lumière et les rois dans la splendeur de ta naissance
R / Et la gloire du Seigneur se lèvera au dessus de toi

Oremus :

Bénissez, Seigneur, Dieu tout puissant, cette maison afin qu'en elle se trouvent la santé, la chasteté, la force de la victoire, l'humilité, la bonté, la mansuétude, l'esprit d'obéissance aux commendements de Dieu et d'action de grâce envers le Père, et le Fils et le Saint Esprit ; et que cette bénédiction demeure en ce lieu et sur tous ses habitants, Par le Christ notre Seigneur !

Enfin le prêtre avec une craie bénie écrit ceci sur le haut de la porte d'entrée ( à l'intérieur et à l'extérieur )

20 + K + M + B + 07

Le 20 et le 06, pour l'année 2007
K M B pour les rois mages, Kaspar, Melchior, Balthazar !!!
Par Les abbés - Publié dans : Informations
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /Déc /2006 02:02
Veuillez noter dans vos agendas...

Samedi 13 janvier : Croisade eucharistique à Bouloire.

ribetonvincent.jpgL'abbé Vincent Ribeton,
supérieur du distict de France


Dimanche 14 janvier
à Bouloire : Journée paroissiale autour de l'abbé Ribeton.
          10h30 : Messe solennelle.
          12h30 : Pique-nique au presbytère de Bouloire.
          15h30-16h15 : Conférence de l'abbé Ribeton où vous pourrez lui poser vos questions.

Dimanche 14 janvier : à Monmirail
            17h00 : Vêpres présidées par l'abbé Ribeton et suivies d'un vin chaud.


Jeudi 18 janvier : Réunion du groupe Domus Christiani du Mans.

Mardi 30 janvier : à 20h30, causerie pour les adultes du Mans.
Par Les abbés - Publié dans : Informations
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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 00:45
Conférence  spirituelle de l'Avent à Montmirail
Dimanche 17 Décembre
 

Dimanche 17 Décembre

2ème Dimanche de l’Avent

 

Récollection de l’Avent

sur le thème :

Nativité et Rédemption.

 11h00

 12h30

 13h00

14h00

 

15h00

15h30

Grand’Messe.

Apéritif.

Déjeuner tiré du sac.

Conférence spirituelle sur la nativité (possibilité de confessions avec l’abbé Lucien)

Salut du Saint Sacrement

Vêpres


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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 12:27

LA FEMME DANS L’ISLAM

 

Face à la décadence de la famille occidentale, l’Islam conquérant propose aux jeunes son modèle familial comme étant un remède aux maux du siècle.

Cependant, malgré certaines apparences, la conception et la vie de la famille en Islam sont fort éloignées des nôtres.

Nous allons donc examiner la place et le statut de la femme dans le Coran, qui leur consacre de nombreuses prescriptions. Nous nous limiterons à en citer quelques exemples.

 

1. SUPÉRIORITÉ DE L’HOMME SUR LA FEMME

 

- Fondement doctrinal de cette supériorité.

 

Le dogme de la supériorité masculine est énoncé par ce verset :

Sr. IV. 38. - Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au dessus de celles-ci, parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les fem­mes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles con­servent soigneusement pendant l’absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l’inobéissance ; vous les relèguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu’elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand. (K)

 

Ainsi, cette supériorité se fonde sur deux causes, de rang dégressif :

- la volonté divine, conférant à l’homme, si l’on peut dire, une supériorité « essentielle »,

- le fait que c’est le fiancé qui verse la dot au père de sa future femme, à l’inverse de ce qui se passait dans notre société il y a peu encore.

Dans la logique musulmane, il est donc normal que l’homme jouisse d’une supériorité - et de droit - sur l’être qu’il a acquis en le payant. La femme est inférieure par décret divin comme le rappelle la citation initiale. Tout ce qu’édicte le Coran a valeur dogmatique, le contester revient à mutiler la parole de Dieu.

 

- Les femmes sont imparfaites

Sr. XLIII - 17. Attribuez-vous à Dieu des créatures qui comptent comme un simple ornement, ou qui sont la cause de querelles mal fondées ?[1] (130)

 

- Le port du voile est prescrit par le Coran

Sr. XXXIII. 57. - O Prophète, prescris à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, de laisser tomber leur voile jusqu’en bas ; ainsi il sera plus facile d’obtenir qu’elles ne soient ni mécon­nues, ni calomniées. Dieu est indulgent et miséricordieux. (K)

Selon Annie Laurent, il peut être vu comme une coutume vestimentaire symbolique, à l’instar du sari indien ou de la mantille des catholiques.

C’est aussi le symbole de l’humilité de la femme en prière devant Dieu, et si son abandon par les femmes chrétiennes n’a pas été interprété comme une libération du joug masculin, dans l’islam, son abandon a été le symbole d’une telle émancipation, une révolte contre un carcan juridique et social discriminatoire, un refus de la ségrégation socio-religieuse. Mais depuis la révolution iranienne, le foulard fait son grand retour et si le tchador fait fureur en Iran, c’est le hidjab n’ayant aucune légitimité culturelle que les ultra ont réussi à imposer. Le terme se traduit par rideau qui exprime la double fonction de cacher et de séparer. Il est constitué d’un foulard blanc, gris, beige ou imprimé, rabaissé sur le front et étroitement serré autour du visage de façon à ne laisser s’échapper aucun cheveu, assorti d’une robe-tunique informe et quelquefois de lunettes noires et de gants. C’est cette uniforme, étendard revendicatif que l’on voit se répandre partout dans nos villes. La femme qui le porte est aujourd’hui ou résignée ou militante agressive à l’instar de nos féministes soixante-huitardes.

 

- La naissance d’une fille est une disgrâce

Mohammed, en s’insurgeant contre le polythéisme de ses con­temporains, s’indignait spécialement du fait que leur Panthéon comp­tait trois divinités féminines, ! !, d’où ces invectives aux Mecquois :

Sr. XLIII. 15. - Dieu aurait-il pris des filles parmi ses créatures, et vous aurait-il choisis pour ses fils ? 16. Et cependant, quand on annonce à l’un d’entre (vous) la nais­sance (d’une fille) sa figure se couvre de tristesse et il est oppressé par la douleur.

 

Dans le Hedjaz préislamique, il était coutume dans certaines tri­bus, de tuer les filles dès la naissance, en les brûlant ou les enterrant vives. L’avènement de l’islam mit fin à ces pratiques, évoquées et condamnées par le Coran.

- Régression de la condition féminine

Par rapport au christianisme, l’Islam a bel et bien instauré une régression. De surcroît, en conférant un caractère divin aux préceptes coraniques, il les a figés à tout jamais.

Même si le Coran ne les prescrit pas, les coutumes mutilantes ont perduré : l’excision est toujours pratiquée dans 32 pays d’Afrique dont l’Egypte. Une fatwa délivrée au Caire en 1995 par l’institut coranique El-Azhar approuve ces pratiques au motif que « les filles qui ne sont pas excisées dans leur jeunesse ont un tempérament chaud et de mauvaises habitudes. »

En outre, l’infériorité féminine se vérifie dans tous les domaines de la vie. Pour résumer, une femme vaut moitié moins qu’un homme. En matière de témoignage, la parole d’un homme peut être remplacée par la parole de 2 femmes ; en matière de compensation de la perte d’un fœtus par accident, l’auteur doit payer 100 dinars si le fœtus était mâle, et la moitié s’il était féminin ; en matière de succession, la femme ne peut hériter que d’une part équivalente à celle de celle de l’homme sous prétexte qu’elle est improductive ; et tout est à l’avenant…

 

 

2. MARIAGE ET POLYGAMIE

 

- Les femmes ont été créées de (et pour) les hommes

Sr. XXX. 20 - C’en est un aussi (un signe de la puissance de Dieu) qu’il vous a créé des épouses formées de vous-mêmes, pour que vous habitiez avec elles. Il y a dans ceci des signes pour ceux qui réfléchis­sent.

 

- la sexualité dans l’islam

Si le christianisme a érigé la chasteté en vertu éminente, l’islam, lui, ignore les épousailles mystiques et désapprouve la virginité permanente à laquelle il ne croit pas.

« Coïtez et procréez car à chaque fois que vous faites œuvre de chair, vous faites une aumône » répétait Mahomet. En effet, la fonction sexuelle est en elle-même sacrée : elle est un de ces signes auxquels se reconnaît la puissance de Dieu.

En outre, le Coran laisse rêveurs ses lecteurs qui découvrent qu’après leur mort ils pourront jouir sans fin de hourris aux yeux clairs, toujours vierges et d’égale jeunesse. Quant aux femmes, une confidence du Prophète nous donne leur lot dans l’au-delà : « L’enfer est surtout peuplé de femmes ».

Mais le Coran fixe aussi les règles en ce bas monde avec force détails qui détonnent pour un livre sacré…

 

- Le devoir de mariage

Le célibat étant contraire au Coran, le mariage est la voie normale de la vie. Surtout pour une femme, dont la seule vocation est de procréer et qui n’a pas d’existence sociale sans un mari, un père, un frère voire un fils qui seul peut lui donner la permission d’accomplir certains actes de sa vie : voyager, avoir un emploi, faire des études…C’est pourquoi, dès son plus jeune âge, les parents d’une fille se mettent en quête de lui trouver un mari. Si dans la plupart des pays musulmans, l’âge nubile a été fixé à 16 ans sous l’influence coloniale, il est de 9 ans en Arabie Saoudite et en Iran.

En outre, le problème de la filiation musulmane se pose de façon non avouée par les musulmans. Mais les faits sont là : selon une enquête réalisée par l’Institut national des études démographiques, « si la moitié des jeunes gens d’origine algérienne se marie avec des Françaises, seulement le quart des filles se marient avec des Français. » La protection de la Oumma passe avant tout : la femme risquerait d’embrasser la religion de son mari et la descendance serait perdue pour l’islam.

 

- Ils en disposent à leur gré

Sr. II. 223. - Vos femmes sont votre champ. Allez à votre champ comme vous voudrez, mais faites auparavant quelque chose en faveur de vos âmes[2].

 

- Comment on doit traiter les épouses

L’épouse est l’objet de son mari. L’indocilité féminine est passible de sanctions « divinement » instaurées par le Coran puisqu’il est permis à l’époux de corriger sa femme fut-ce au moyen de coups. Ces punitions évitent à l’épouse qui se conduit mal d’être traduite en justice et donc de jeter le discrédit sur la famille.

Sr. IV. 23. - O croyants, (… Si vous répudiez une femme, ne lui reprenez pas sa dot…) Soyez bons dans vos procédés à leur égard. Si parmi vos femmes, il y en a pour qui vous avez de l’éloignement, il se peut que vous ayez de l’éloignement pour une chose dans laquelle Dieu a déposé un bien immense.

 

- Le châtiment de la femme libre adultère

L’Islam se montre intraitable concernant l’adultère (100 coups de fouet voire la peine de mort par lapidation).

Sr. IV. 19. - Si vos femmes commettent l’action infâme, appelez quatre témoins. Si leurs témoignages se réunissent contre elles, enfermez-les dans des maisons jusqu’à ce que la mort les enlève ou que Dieu leur procure quelque moyen de salut.

 

- Il est moins sévère pour la femme esclave

A celles-ci, en effet, le Coran prescrit de n’infliger que la moitié de la peine, ce qui montre que la sanction de l’adultère n’était pas la mort.

 

- La répudiation est autorisée

En effet, « Dieu ne vous punira point pour une méprise dans vos serments » (Sr. II. 225).

Elle fait l’objet de méticuleuses prescriptions, dont voici quelques-unes :

Sr. II. 229. - La répudiation peut se faire deux fois (sans entraîner d’autres conséquences que de reprendre simplement sa femme) (…)

 

Sr. II. 230. - Si un mari répudie trois fois sa femme, il ne lui est permis de la reprendre que lorsqu’elle aura épousé un autre mari, et lorsque celui-ci l’aura répudiée à son tour. (…)

 

Sr. II. 228. - Les femmes répudiées laisseront écouler le temps de trois menstrues avant de se remarier. Elles ne doivent point cacher ce que Dieu a créé dans leur sein, si elles croient en Dieu et au jour dernier. Il est plus équitable que les maris les reprennent quand elles sont dans cet état, s’ils désirent le bien. Les femmes, à l’égard de leurs maris, et ceux-ci à l’égard de leurs femmes, doivent se con­duire honnêtement. Les maris ont le pas sur leurs femmes. Dieu est puissant et sage.

Rien n’empêche l’époux de recourir à la répudiation. Elle est un droit discrétionnaire du mari qui n’a qu’à prononcer 3 fois « tu es répudiée » pour que la dissolution du lien conjugal s’ensuive aussitôt.

Un mari ivre l’ayant prononcée, ne pourrait récupérer sa femme que si elle a été de nouveau répudiée par un autre mari. Des « licitateurs » professionnels se sont spécialisés dans des noces d’une nuit. Les législations modernes envisagent de plus en plus facilement l’indemnisation de l’épouse. Elle peut également recourir au divorce à condition qu’il ait été prévu dans le contrat de mariage. La situation de l’épouse est précaire et rend le foyer instable, instabilité aggravée par la polygamie.

 

- La polygamie est autorisée, mais limitée à quatre

La polygamie préexistait à l’islam, qui la conserva et que le Coran règlemente :

Sr. IV. 3. - Si vous craignez de ne pas être équitables envers les orphelins, n’épousez, parmi les femmes qui vous plaisent, que deux, trois ou quatre (…) (K)

« Epousez comme il vous plaira, 2, 3 ou 4 femmes. Mais si vous craignez de ne pas être équitables, prenez une seule femme ou vos captives de guerre » (4,3). Un roulement est établi pour passer la nuit avec l’époux. On le voit, dans l’Islam, on ne se marie pas pour le meilleur et pour le pire mais l’homme cherche le meilleur sans accepter le pire. Les docteurs ès-Islam justifient la polygamie pour pallier la stérilité de l’épouse, la ménopause ou une maladie chronique rendant l’épouse incapable de s’occuper du foyer, les autres palliant sa déficience. Il ne reste à la femme qu’à vivre cette situation dans la résignation ou l’offrande.

Le mariage musulman n’encourage pas la fidélité ou l’oubli de soi tels qu’ils se vivent dans l’amour conjugal chrétien.

 

 

3. LA SITUATION DE LA FEMME MUSULMANE A-T-ELLE CHANGE ?

 

La femme est-elle toujours considérée comme inférieure ? Sa con­dition en pays d’islam est-elle toujours régie par les règles et textes que l’on vient de lire ?

Dans ses manifestations extérieures, la conception musulmane du statut de la femme (port du voile, relations avec l’extérieur, partici­pation à des activités salariées, etc …) varie sensiblement d’un État à l’autre. Chez certains, elle tend - jusqu’à un certain point - à devenir moins rigide, plus libérale.

Mais il reste très difficile de distinguer entre l’évolution appa­rente et l’immobilisme réel de fond, d’une part, - et d’autre part, certains courants tendent à réinstaurer les règles coraniques et tradi­tionnelles là où il a pu sembler qu’elles s’estompaient.

L’étude cas par cas de ces situations nous entraînerait au-delà des limites de cette étude.

Cependant, voici quelques exemples récents qui aideront à se faire une opinion.

 

• A l’étranger

 

- Évolution vers un statut plus libéral ?

En Tunisie, elle est déjà réalisée : cependant, de jeunes Tuni­siens exposaient récemment, - et non sans véhémence - qu’ils contestaient cette concession aux errements européens et qu’ils entendaient bien agir en faveur d’un retour aux règles de l’islam authentique.

Ils ajoutaient : « Nous ne tenons pas à ce que nos femmes devien­nent des p… comme les françaises du Club Méditerranée sur nos plages. »

 

En Algérie, l’on affirme que le nouveau Code de la famille est plus libéral pour la femme ; du moins est-ce ce que nous lisions dans une petite revue paroissiale de l’Est de la France, qui saluait cet évènement.

Mais, un mois plus tard, on nous montrait une vigoureuse pro­testation d’un club algérois de femmes (il en existe donc ?) dénonçant l’hypocrisie des concepteurs « machistes » de ce nouveau code !

Sous des dehors libéraux, accusent-elles, ce code est en réalité pour la femme musulmane un retour en arrière de plusieurs siècles ! Qui croire, de la revue paroissiale ou de ces protestataires ? A notre avis, plutôt les secondes, davantage impliquées…

 

- Immobilisme, statu-quo coranique ?

Dans un État d’Arabie, le barème des indemnités à verser par l’auteur d’un accident d’automobile mortel à la famille de la victime a été récemment actualisé ; nous n’avons noté ni la monnaie en cours, ni les chiffres précis, mais les proportions sont les suivantes :

Victime musulmane      homme : 1 000

femme : 500

Non-musulmane           homme : 250

femme : 125

 

• En France

 

- Une évolution apparente

Au contact de notre société, ces conceptions s’affaiblissent-elles chez l’immigré musulman ? E semble en effet qu’il y ait une évolu­tion, naturellement plus marqué chez ceux de la 2ème génération et, davantage, de la 3ème.

L’on voit de plus en plus couramment des femmes musulmanes accomplir à l’extérieur les tâches, missions ou commissions dont leurs maris, au travail, ne peuvent se charger : mettre un mandat à la poste, pousser un « caddie » dans un supermarché, etc…

Mais cela se passe en France, hors du contexte religieux, fami­lial, tribal de là-bas ; ces femmes, replongées dans ce contexte, oseraient-elles les mêmes comportements ? Il est permis d’en douter lorsque nous entendons certains immigrés nous raconter leurs souve­nirs de vacances. Là-bas, on ne se permet pas ce que l’on se permet ici, on se ferait mal voir par la famille.

 

- Mais le fond et les réflexes subsistent

Dans une étude réalisée par la Documentation française[3], on signale comme « souvent dramatiques et portant atteinte aux droits de la personne » le cas d’adolescentes musulmanes soustraites après l’âge de 15 ans à l’obligation scolaire sur présentation d’un certificat médical attestant que la mère fatiguée a besoin d’aide au foyer. On devine que l’état de la mère est un prétexte, et qu’en réalité il s’agit d’appliquer la tradition ; la fille doit rester à la maison dès qu’elle est nubile.[4]

 

Le statut de la femme ne semble pas évoluer.

 

Certains auteurs se donnent beaucoup de mal pour nous persuader que, contrairement à une image répandue, l’islam a beaucoup fait pour la libération de la femme.

Ainsi Marc Bergé[5] écrit :

L’islam a libéré la femme, mais l’a protégée à l’excès (…) (cepen­dant) l’égalité de base entre l’homme et la femme, entre tous les êtres humains, est suggérée dans le Coran quand il y est question de la création[6] : Craignez Dieu qui vous a créés d’un même souffle, et de ce souf­fle il a créé un couple dont procèdent beaucoup d’hommes et de femmes.

(…) Mais quel que soit le besoin urgent de libération qu’éprouve encore aujourd’hui la femme musulmane, il est important de mesurer tout ce que l’islam a apporté, en son temps, à l’être humain – homme ou femme - dans le sens de la dignité et de l’égalité. Les prescrip­tions concernant la femme « représentaient au moment le Coran fut révélé la législation la plus "féministe" du monde civilisé ».[7]

(…) Dans aucune civilisation, on ne peut dire encore que la femme ou l’homme, sur le plan du droit, sont définitivement libérés.

 

La lecture des versets du Coran, autant que l’observation constante des faits, conduit à des conclusions sensiblement différentes de celles formulées par cet auteur.

L’islam est une religion faite par un homme, réglementée par lui et par d’autres hommes, pour des hommes. Rien d’étonnant donc à ce que nous constations combien ces mêmes hommes répugnent à modifier le statut de la femme, et que l’évolution de l’islam à cet égard paraisse si lente au regard de ce qui se passe dans les autres sociétés.



[1] La femme, à cause de sa raison défectueuse, est toujours disposée à chercher des querelles sans motif (Note de Kazimirski dont nous tirons cette traduction).

[2] Un acte de dévotion ou de charité.

[3] L’insertion des jeunes d’origine étrangère dans la société française ; La documen­tation française, Paris, page 58.

[4] Les rapporteurs de la D.F. jugent illégale cette pratique, préconisent l’interven­tion du ministère de l’Éducation nationale pour la faire cesser, et proposent de créer des centres pour recevoir les fugueuses musulmanes dont la réintégration dans les familles paraît impossible…

Dix lignes plus loin, ces mêmes rapporteurs, - afin que les enfants d’origine étrangère puissent « valoriser leur identité culturelle », proposent que l’enseigne­ment de ces cultures, « civilisation, art, histoire, religion (souligné par nous) soit réalisé dans nos écoles » !

Bref : dénonçons cette pratique de l’islam, mais propageons l’islam ! (et dans les deux cas, aux frais du contribuable français). Ubuesque ! Mais tragique aussi.

[5] Marc Bergé, Les Arabes. Éditions Lidis, Paris, 1978, pages 571 et 572.

[6] Mais la supériorité de l’homme sur la femme est non pas suggérée mais clairement affirmée, et à plusieurs reprises, dans le même Coran.

[7] G. Tillon Les cousins et le harem, Seuil 1966, page 170. Cité par M. Bergé.

Par Les abbés - Publié dans : Domus
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Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /Déc /2006 21:28
Enfin...les photos de la croisade sont arrivées...

Alors, allez tous regarder les photographies de cet après midi. Vous y verrez (sans nul doute) des têtes connues..

Pour cela?? Il vous suffit d'ouvrir l'album photo : Croisade Eucharistique.

Si vous souhaitez certaines photos dans un format plus grand ou dans une meilleure résolution, il n'y a qu'à demander aux abbés...
Par Les abbés - Publié dans : Croisade eucharistique
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Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /Nov /2006 14:50
Pourquoi la messe traditionnelle?

I. La Messe : quelques rappels importants.

 

Pourquoi les chrétiens attachent-ils autant d’importance à la messe ?

 

La sainte messe est le sacrifice du Corps et du Sang de Jésus­-Christ, offert sur nos autels sous les espèces du pain et du vin en souvenir du sacrifice du Christ.

Catéchisme de saint Pie X

 

La messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la Croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur.

Catéchisme de l’Église Catholique.

 

L’Église et le monde ont un grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l’amour. Ne refusons pas du temps pour aller Le rencontrer dans l’adoration, dans la contemplation pleine de foi et ouverte à réparer les fautes graves et les délits du monde. Que ne cesse jamais notre adoration …

Jean-Paul II, Dominicae cenae

 

 

Ne dit-on pas que la messe est avant tout le rassemblement du peuple chrétien, réuni pour louer Dieu ?

 

Le saint sacrifice de l’autel n’est donc pas une pure et simple commémoration des souffrances et de la mort de Jésus-Christ, mais un vrai sacrifice, au sens propre, dans lequel, par une immolation non sanglante, le Souverain Prêtre fait ce qu’il a fait sur la croix, en s’offrant lui-même au Père éternel comme une hostie très agréable.

Pie XII, Mediator Dei

 

Le sacrement le plus vénérable est la très sainte Eucharistie dans laquelle le Christ Seigneur lui-même est contenu, offert et reçu, et par laquelle l’Eglise vit et croît continuellement. Le sacrifice eucharistique, mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur, dans lequel le sacrifice de la Croix est perpétué au long des siècles, est le sommet et la source de tout le culte et de toute la vie chrétienne, par lequel est signifiée et réalisée l’unité du peuple de Dieu et s’achève la construction du corps du Christ. En effet, les autres sacrements et toutes les œuvres d’apostolat de l’Eglise sont étroitement liés à la très sainte Eucharistie et y sont ordonnés.

Code de droit canon (Can. 897) Pourquoi la messe a-t-elle un caractère public ?

 

 

La prière personnelle ne suffit-elle pas ?

 

Dans le sacrifice de la Croix, l’expiation des fautes humaines a été parfaite et absolue ; et ce n’est pas une autre expiation qui fait l’essence du sacrifice eucharistique ; et c’est celle-là même. Comme il fallait, en effet, qu’un rite sacrificatoire accompagnât la religion dans toute la suite des temps, le plan divin du rédempteur a été que le sacrifice consommé une seule fois sur la croix devint perpétuel et ininterrompu. La forme de cette perpétuité est celle de la très sainte Eucharistie qui ne nous présente pas seulement une vaine figure ou un souvenir, mais la réalité elle-même, quoique sous un aspect différent- ; et c’est pour cela que l’efficacité de ce sacrifice, soit pour obtenir, soit pour expier, découle tout entière de la mort du Christ.

Léon XIII, Caritatis studium

 

Les liturgies individuelles viennent se grouper, se fondre et puiser leur sève dans la liturgie collective du grand vivant, de l’homme parfait, du Christ complet qui est l’Eglise. C’est toute la vie de l’Eglise qui s’exprime et qui s’épanouit dans sa liturgie toutes les relations de la création avec Dieu y trouvent leur principe et leur achèvement ; par les procédés mêmes qui réalisent en chacun et en tous l’union divine, la liturgie rend à Dieu tout honneur et toute gloire.

Dom Delatte (abbé de Solesmes), Commentaire sur la Règle de St Benoît

 

 

Croyez-vous vraiment que Jésus soit présent à la messe ?

 

On reste émerveillé devant ces divers modes de présence du Christ et on y trouve à contempler le mystère même de l’Église. Pourtant, bien autre est le mode, vraiment sublime, selon lequel le Christ est présent à l’Église, dans le sacrement de l’Eucharistie. C’est pourquoi celui-ci est parmi tous les sacrements le plus doux pour la dévotion, le plus beau pour l’intelligence, le plus saint pour ce qu’il renferme ; oui, il renferme le Christ lui-même et il est comme la perfection de la vie spirituelle et la fin à laquelle tendent tous les sacrements. Cette présence, on la nomme réelle, non à titre exclusif, comme si les autres présences n’étaient pas réelles, mais par excellence parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier.

Paul VI, Mysterium fidei

 

 

Pourquoi est-il obligatoire d’assister à la messe ?

 

L’Eucharistie du dimanche fonde et sanctionne toute la pratique chrétienne. C’est pourquoi les fidèles sont obligés de participer à l’Eucharistie les jours de précepte, à moins d’être excusés pour une raison sérieuse (par exemple la maladie, le soin des nourrissons) ou dispensés par leur pasteur propre. Ceux qui, délibérément, manquent à cette obligation commettent un péché grave.

Catéchisme de l’Eglise catholique

 

L’Eucharistie étant vraiment le cœur du dimanche, on comprend pourquoi, dés les premiers siècles, les pasteurs n’ont cessé de rappeler à leurs fidèles la nécessités de participer à l’assemblée liturgique. Le jour du Seigneur, laissez tout et courez en hâte à votre assemblée… (Didascalie des Apôtres, Ille siècle)… L’appel des pasteurs a rencontré généralement dans l’âme des fidèles une adhésion empressée et, si les périodes et les situations n’ont pas manqué où affaibli l’ardeur à remplir ce devoir, on ne peut cependant pas ne pas rappeler l’héroïsme authentique avec lequel prêtres et fidèles ont obéi à cette obligation dans de nombreuses situations de dangers et de restrictions à la liberté religieuse, comme on peut le constater depuis les premiers siècles jusqu’à notre époque… C’est le cas des martyrs d’Abithina, en Afrique proconsulaire, qui répondirent à leurs accusateurs : « C’est sans crainte aucune que nous avons célébré la Cène du Seigneur, parce qu’on ne peut y renoncer ; c’est notre loi… »

Cette obligation de conscience, fondée sur un besoin intérieur que les chrétiens des premiers siècles éprouvaient avec tant de force, l’Eglise n’a cessé de l’affirmer… Le Code actuel écrit que le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la Messe (canon 1248). Cette loi a été normalement entendue comme impliquant une obligation grave : c’est ce qu’enseigne aussi le Catéchisme de l’Eglise catholique (N°2181).

Jean-Paul II, Dies Domini

 

 

II. La Messe traditionnelle.

 

Qu’appelle-t-on messe traditionnelle ?

 

Le Missel romain, promulgué en 1570 par Notre prédécesseur saint Pie V, sur l’ordre du Concile de Trente, a été reçu par tous comme l’un des fruits nombreux et admirables que ce saint Concile a répandus dans l’Église du Christ tout entière. Durant quatre siècles, en effet, non seulement il a fourni aux prêtres du rite latin la norme de la célébration du sacrifice eucharistique, mais encore les saints prédicateurs de l’Évangile l’ont répandu dans presque tout l’univers. De plus, d’innombrables saints ont abondamment nourri leur piété envers Dieu par ses lectures des Saintes Écritures ou par ses prières, dont l’ordonnance générale remontait pour l’essentiel à saint Grégoire le Grand.

Paul VI, constitution Missale Romanum

 

Les modifications apportées au missel romain durant plus de 1400 ans n’ont en rien touché au rite proprement dit, contrairement à ce que nous vivons aujourd’hui dans des conditions effrayantes ; il s’est seulement agi d’enrichissements en fêtes nouvelles, en formulaires de messes et en certaines prières.

Mgr Gamber (directeur de l’Institut liturgique de Ratisbonne),
La réforme liturgique en question

 

 

La liturgie de la messe ne peut-elle donc pas évoluer ?

 

Le culte s’organise et se développe selon les circonstances et les besoins des chrétiens, il s’enrichit de nouveaux rites, de nouvelles cérémonies et de nouvelles formules, toujours dans le but que nous tirions enseignement de ces signes extérieurs, que nous prenions conscience de nos progrès et que nous nous stimulions fortement à les poursuivre, car la valeur du résultat dépendra de la ferveur qui l’aura précédé.

Pie XII, Mediator Dei

 

La liturgie comporte une partie immuable, d’institution divine, et des parties sujettes au changement, qui peuvent varier au cours des âges et même le doivent s’il s’y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature de la liturgie elle-­même.

Concile Vatican II, Sacrosanctum concilium

 

Cette fixité des parties essentielles de la liturgie est également garante de la véritable liberté des fidèles : grâce à elle, ils seront sûrs de ne pas être livrés à quelque invention d’un individu ou d’un groupe, mais de rencontrer ce qui oblige aussi bien leur curé ou leur évêque que le pape, et leur donne à tous la possibilité d’user de leur liberté pour s’approprier personnellement le mystère qui nous est destiné à tous.

Cardinal Joseph Ratzinger, La célébration de la foi

 

Les papes jusqu’à Paul VI n’ont pas apporté de modifications à l’ordinaire de la messe proprement dit, alors qu’après le concile de Trente tout particulièrement, ils ont introduit de nouveaux propres pour de nouvelles fêtes.

Mgr Mans Gamber (directeur de l’Institut liturgique de Ratisbonne),

La réforme liturgique en question

 

 

Mais que fait-on de l’initiative du peuple de Dieu, prêtres ou fidèles ?

 

Il se rend coupable de falsification, celui qui, au nom de l’Eglise, célèbre le culte divin de manière opposée à celui qui est établi par l’Eglise en vertu de l’autorité divine qui est traditionnelle dans l’ Eglise.

Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique

 

C’est pourquoi absolument personne d’autre (que le siège apostolique et les évêques), même prêtre, ne peut de son propre chef enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie.

Concile Vatican II, Sacrosanctum concilium

 

Dans la liturgie de l’Eglise qui s’est graduellement formée, il y a tout à l’ait place pour des forces d’organisation créatrices. On les trouve dans le domaine de l’organisation artistique, surtout musicale, mais aussi dans la réalisation concrète des services liturgiques et de la préparation adaptée à chaque circonstance de l’espace liturgique …

Cardinal Joseph Ratzinger, La célébration de la foi

 

La grande tradition culturelle de la foi renferme une immense forme d’actualisation. Ce qui, dans les musées, n’est peut-être qu’un témoignage du passé, considéré avec une nostalgique admiration, est rendu constamment présent dans la liturgie, dans sa fraîcheur intacte. Et la foi d’aujourd’hui n’est pas confinée au silence, loin de là. Un regard attentif discernera que même notre époque a donné naissance à d’importantes œuvres d’art inspirées par la foi, dans le domaine de la peinture aussi bien que dans celui de la musique (sans parler de la littérature). Aujourd’hui encore, la joie en Dieu et le contact de sa présence dans la liturgie représente une source puissante et inépuisable d’inspiration. Les artistes qui suivent cette voie n’ont nul besoin de se sentir à l’arrière-garde culturelle : la liberté creuse qu’ils laissent derrière eux lasse d’elle-même. L’humble soumission à ce qui nous précède dispense la vraie liberté et nous conduit aux véritables hauteurs de notre vocation d’homme.

Cardinal Joseph Ratzinger (préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi), L’esprit de la liturgie

 

 

On parle souvent de messe de saint Pie V ; pourquoi en rester à une forme de la messe datant du X VIe siècle ?

 

Le missel dit de Pie V ne sera que la reprise, avec de rares corrections, du missel à l’usage de la curie romaine en 1474…. La simple lecture est suffisante pour convaincre du peu de changements que la commission formée par saint Pie V a opérés dans le missel de 1474… Il s’agissait de rendre aux temps liturgiques leur valeur et de mieux choisir la célébration des fêtes des saints.

Dom Adrien Nocent (professeur à l’Institut pontifical de liturgie Saint­ Anselme),
La messe avant et après saint PieV

 

La réforme de saint Pie V n’a rien créé de nouveau. On s’est contenté d’établir une version uniforme du missel en en éliminant les innovations qui v avaient été introduites au cours des siècles.

Mgr Gamber, La réforme liturgique en question

 

Il n’y a pas en effet de liturgie tridentine et, jusqu’en 1965, personne n’aurait su dire ce que recouvrait cette appellation. Le concile de Trente n’a fabriqué aucune liturgie. Et, au sens strict, il n’y a pas non plus de missel de saint Pie V. Le missel qui parut en 1570 sur l’ordre de saint Pie V ne se différenciait que par d’infimes détails de la première édition imprimée du Missale romanum publiée juste cent ans plus tôt.

Cardinal Joseph Ratzinger, La célébration de la foi

 

 

N’est-elle pas le signe d’une époque révolue ? Il faut s’adapter à son temps !

Mais ce n’est pas non plus la messe des apôtres ! Les premiers chrétiens ne célébraient-ils pas plus simplement la messe ?

 

C’est en effet de la tradition apostolique que, grâce à Dieu, nous avons reçu le texte lui-même de la prière canonique que nous chérissons plus que tout.

Pape Vigile

 

Car il (le canon) n’est composé que des paroles mêmes du Seigneur, de la tradition des apôtres et des pieuses institutions des souverains pontifes.

Concile de Trente

 

Mais il n’est pas sage ni louable de tout ramener en toute manière à l’Antiquité. De sorte que, par exemple, ce serait sortir de la voie droite de vouloir rendre à l’autel sa forme primitive de table. […] De même, en effet, qu’aucun catholique sérieux ne peut, dans le but de revenir aux anciennes formules employées par les premiers conciles, écarter les expressions de la doctrine chrétienne que l’Eglise, sous l’inspiration et la conduite de l’Esprit saint, a dans des âges plus récents élaborées …

Pie XII, Mediator Dei

Finalement, en quoi cette liturgie exprime-t-elle particulièrement la foi de l’Eglise au sujet de l’Eucharistie ?

 

La liturgie traditionnelle est le fruit d’un long développement homogène, continu, ininterrompu depuis des siècles. C’est toujours avec une extrême prudence que les pontifes y ont apporté des modifications, car elle est, par-delà les siècles, notre lien avec le Christ et ses apôtres, avec les premiers chrétiens, avec les premiers martyrs. Elle est restée pour l’essentiel identique depuis des siècles, exprimant, aujourd’hui comme hier, la foi du Christ et des apôtres.

 

Elle oriente les âmes vers Dieu et témoigne de notre adoration envers sa présence réelle :

• par l’orientation du prêtre et de l’autel ;

• par les gestes d’adoration ;

• par le mystère et le silence sacré qui entourent la consécration s

• par le rite de la communion ;

• par l’usage d’une langue sacrée ;

• par les signes de respect envers l’hostie.

 

Elle affirme le caractère sacrificiel de la messe :

• par les prières de l’offertoire qui montrent le caractère propitiatoire de l’offrande qui est faite ; c’est Jésus-Christ immolé pour nos fautes, afin que la Rédemption s’accomplisse ;

• par les prières du canon.

 

Elle est l’œuvre du Christ à travers son ministre. Le prêtre seul peut offrir ce sacrifice

• par la distinction nette entre l’action prépondérante du prêtre et celle des fidèles ; les vêtements, les prières prononcées, la place à l’autel en témoignent ;

• par les paroles de la consécration qui ne sont pas un récit, mais une action.

 

Conclusion : l’essentiel de ce qu’est la messe se trouve donc parfaitement affirmé dans cette liturgie.

 

« Le Peuple de Dieu a besoin de voir dans les prêtres et les diacres un comportement plein de révérence et de dignité, capable de l’aider à pénétrer les choses invisibles, même avec peu de paroles et d’explications. Dans le Missel romain, dit de St Pie V, comme dans les diverses liturgies orientales, on trouve de très belles prières avec lesquelles le prêtre exprime le plus profond sens d’humilité et de révérence face aux saints mystères : celles-ci révèlent la substance même de la liturgie.

La célébration liturgique présidée par le prêtre est une assemblée priante, rassemblée dans la foi et attentive à la Parole de Dieu. Son premier but est de présenter à la divine Majesté le Sacrifice vivant, pur et saint, offert sur le Calvaire une fois pour toutes par le Seigneur Jésus, qui se rend présent chaque fois que l’Eglise célèbre la sainte Messe pour exprimer le culte dû à Dieu en esprit et en vérité. »

Jean-Paul II, à la Congrégation pour le Culte divin le 21 Septembre 2001

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