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Lundi 8 décembre 2008 1 08 /12 /Déc /2008 14:15
Les tempéraments et les caractères:
Quelques conseils de pédagogie adaptés au carctère de l'enfant

Précisions enfin que les distinctions de tempéraments ou de caractères sont théoriques, car ils ne se rencontrent pas à l'état pur. Bien souvent il y a un mélange, cependant avec une prédominante.

Enfin nous avons donné pour chaque type de tempérament et de caractère après la description, quelques conseils afin d'aider les éducateurs.

Pour la classification des tempéraments nous avons retenu la division classique des anciens : les sanguins et les nerveux avec prédominance de la sensibilité ; les colériques ou bileux et les lym­phatiques ou flegmatiques avec prédominance de l'activité.


Tempérament

Description physique

Qualités

Défauts

Comment les aider

Sanguins

Teint rouge, lèvres épaisses.

Cheveux blonds, châtains.

Physionomie animée.

Mains chaudes et fermes.

Dévouement,

Générosité

Simplicité de cœur,

Aimable,

De bonne humeur.

Inconstance,

Légèreté,

Sensuels, superficiels,

Trop influençables,

Portés à la colère.

Il faut leur inculquer une discipline de vie et la régularité ainsi que le sens des devoirs achevés.

Il faut les encourager avec douceur et patience. On peut utiliser leur besoin d'activité et de dévouement.

Il faut modérer les plaisirs des sens.


Nerveux

Teint jaune ou pâle.

Lèvres pâles et serrées.

Menton pointu.

Physionomie sombre.

Mains osseuses.

Délicatesse, aptitude à la vie intérieure.

Cœur compatissant,

Volonté forte.

Pessimisme,

Soupçonneux,

Susceptibilité,

Mélancolie.

On doit les aider à trouver joie et force dans la vie intérieure, en leur montrant un bel idéal.

Il faut leur témoigner de la sympathie et de l'amitié afin de les sortir de leur introspection.

Il faut les ramener à la réalité pour les sortir de leur imagination (qui grossit les difficultés).


Bileux ou colériques

Teint basané, lèvres serrées.

Cheveux noirs ou bruns.

Mains dures

Physionomie froide, regard dur.

Forts, robustes

Aptitude au commandement,

Actifs,

Organisateur.

Ambition, obstination.

Autoritarisme,

Indépendance,

Trop de précipitation.

On peut employer leur énergie pour se dominer et se sanctifier.

Il lui faut apprendre à réfléchir avant d'agir, à avoir plus de compassion pour eux et pour les autres.

Il leur faut estimer et désirer l'humilité.


Lymphatiques

Teint blanc, lèvres épaisses et sans couleur.

Cheveux blonds, roux. Mains nobles.

Physionomie sans vie, sans expression.

Yeux bleus, visage gras.

Démarche lente et timide.


Patience

Régularité

Bonté

Passivité

Calme

Egoïsme, sans grand idéal ni grande énergie.

Lenteur et mollesse

Facilement sensuels, peu sensibles.

Il faut fortifier leur volonté pour secouer leur passivité.

Il convient de susciter chez eux l'enthousiasme pour un idéal.

Il faut les porter au dévouement.



Comment déterminer le caractère de quelqu'un ?


IL EXISTE plusieurs classifications. Nous avons choisi celle d'André Le Gall et de René Le Senne, qui a l'avantage de donner une vue plus globale de la psychologie de l'enfant.

Cette étude permet de mieux connaître l'enfant, c'est pourquoi nous nous y attarderons davantage.

 

LES CRITÈRES.


On considère qu'il y a trois éléments fondamentaux dans le caractère que nous allons définir.


1. L'émotivité.


Tout événement auquel nous assistons, ou que nous subissons, produit en nous un ébranlement psychologique plus ou moins fort que l'on appelle émotion.

L'émotif sera facilement et fortement ébranlé par les événe­ments (cris, larmes parce qu'on lui a cassé son jeu de construction ; explosion de joie, enthousiasme quand on lui propose une sortie agréable...). Il fait corps avec le monde. Il prend trop à coeur les évé­nements. C'est une caractéristique des sentimentaux et des passion­nés qui leur donne à la fois une certaine inconstance, légèreté et une facilité d'extériorisation. L'émotif sera facilement inquiet, d'humeur variable. Sa réaction devant certains événements peut être violente, et peu de chose peut suffire pour la provoquer.

Le non émotif sera par contre plutôt froid, difficile à émouvoir, moins démonstratif, plus posé, plus intérieur, et donc plus seul et plus réservé. On trouvera chez lui le sérieux, l'égalité d'humeur, mais peu d'enthousiasme, peu d'élan, c'est une caractéristique des flegmatiques et des sanguins.

 

2. L'activité.


Ce terme n'a pas le sens du langage courant, il ne signifie pas le besoin d'agir. L'activité concerne la réaction vis à vis d'un événement qui contrarie nos désirs ou nos projets.

L'actif, loin d'être arrêté dans son action par un événement qui le contrarie, redouble d'ingéniosité et de courage. L'obstacle le fait réagir, stimule sa volonté pour parvenir à ses fins. L'actif aime vaincre la difficulté. Il se livre aussi sans délai à des travaux impo­sés, à des obligations qui se proposent à lui. L'actif est toujours occupé, même pendant les heures de loisir. Il est persévérant dans ses activités parce que tenace.

Le non actif, au contraire, sera vite découragé devant les diffi­cultés, peu entreprenant, sans grande initiative. Très vite il se plaint. Facilement il laisse l'activité imposée pour faire celle qui lui plaît.

 

3. Le retentissement.


Lorsque l'on perçoit un événement, il y a un premier groupe d'effets produits sur le corps et sur l'âme, c'est ce que l'on appelle la fonction primaire de la représentation. Une fois que la percep­tion est sortie de la conscience claire, elle continue et peut-être pendant des années, à produire d'autres effets. Pour ce second retentissement, on parle de la fonction secondaire de la représentation.

Exemple : un professeur regarde une pendule pendant son cours, et alors mentalement il lit l'heure, et réfléchit sur le temps qui lui reste. C'est la fonction primaire. Par la suite, le professeur va parler beaucoup plus vite sans le faire intentionnellement, prévoir des leçons moins chargées..., c'est la fonction secondaire.

Pour le primaire, le retentissement de l'événement présent est de beaucoup le plus important. Pour le secondaire, l'influence des expé­riences passées prévaut sur celles du présent. Un homme injurié, s'il est primaire, va être profondément ému, réagir immédiatement et vivement, puis il oubliera tout. Tandis que le secondaire laisse pas­ser calmement l'événement, mais se laissera prendre plus par un vio­lent désir de vengeance (ex. La mule du pape d'Alphonse Daudet).

Devant un événement il y a une réaction immédiate chez le pri­maire. Il fait corps avec l'événement, et change avec la venue d'un autre événements (Jean qui rit, Jean qui pleure). Son chagrin est vite oublié par la joie qui s'annonce. On trouve aussi chez lui l'impulsi­vité, l'irréflexion : par contre il a l'esprit d'à propos, d'adaptation.

Le secondaire au contraire est plus réfléchi, il ne réagit pas de suite, mais il demeurera longtemps sous le coup de la même impres­sion. Si un chagrin survient il le revivra longuement, une injustice sera longtemps remâchée. La secondarité est la mère des grandes fidélités, comme des rancunes tenaces.


TABLEAU DES TEMPÉRAMENTS

É. A. S. : Émotif - Actif - Secondaire               PASSIONNÉ

É. A. P. : Émotif - Actif - Primaire                   COLEREUX

É. nA. S. : Émotif - non Actif - Secondaire    SENTIMENTAUX

E. nA. P : Émotif - non Actif- Primaire            NERVEUX

nÉ. A. S. : non Émotif - Actif - Secondaire     FLEGMATIQUE

nÉ. A. P. : non Émotif - Actif - Primaire          SANGUIN

nÉ nA. S. : non Émotif - non Actif - Secondaire  APATHIQUE

nÉ. nA. P. : non Émotif - non Actif - Primaire AMORPHE

Avec un peu de psychologie, les parents sauront découvrir les défauts et les qualités de chaque tempérament.

Par une sage éducation, on saura exploiter et diriger les éléments positifs et corriger les éléments négatifs.




Caractères

Qualités

Défauts

Comment les aider

E. A. S. : Passionné

Fort, résolu, énergique, tenace, attaché à l'ordre et aux principes, consciencieux, caractère droit.

Ambition, orgueil, dur, autoritaire.

Indépendant, susceptible.

Orienter son affectivité vers l'amour de Dieu.

Insister sur la valeur de l'humilité.

Etre exigeant, lui parler au cœur.


E. A. P. : Colérique

Grande vitalité, gai, toujours occupé.

Grande cordialité.

Impulsif, excessif, colérique, vaniteux.

Inconstant, se disperse vite, se précipite

Le discipliner : qu'il achève un travail commencé.

Travailler l'humilité. Il a besoin d'encouragement, de sourire pour donner le meilleur de lui-même.


E. NA. S. : Sentimental

Fidèle aux personnes, à son devoir.

Amour de la perfection.

Délicatesse et profondeur pour comprendre les autres.

Facilement blessé, timide, indécis, vite découragé.

Tendance au scrupule, esprit lent, goût de la solitude.

Il lui faut de l'affection, de la compréhension. Minimiser ses faiblesses. Lui donner une activité dans laquelle il se sent à l'aise. Lutter contre sa timidité, lui redonner confiance en lui.

E. NA. P. : Nerveux

Très sensible.

Imaginatif.

Irrégulier, instable. Manque d'objectivité, sentiment excessif de soi (complexe d'infériorité). Susceptible, impulsif et agité.

Persévérance, beaucoup de délicatesse et d'encouragement. Opposer une froideur mesurée devant ses colères.


NE. A. S. : Flegmatique

Calme, homme de devoir.

Sens pratique. Pondéré, réfléchi, ferme.

Ouvert aux autres.

Egoïste, intimidant, froid.

Manque de chaleur, de délicatesse.

Danger des manies, des habitudes, de la routine.

Développer son émotivité, les activités artisti-ques, musicales.

Il a une dévotion plus affective, l'aider à se dévouer et à sortir de lui-même.

NE. A. P. : Sanguin

Disponible, ouvert à tous.

Gai, bon vivant.

Grand sens pratique.

Porté aux plaisirs sensuels et à la gourman-dise, versatile. Il n'a pas de volonté. Il est  mondain, aime les succès, la réussite, l'estime des autres. Vite égoïste.

Il faut l'aider à être plus délicat envers les autres.

Il faut lutter contre son égoïsme et sa tendance à la sensualité. Effort soutenu vers la bien.

NE. NA. S. : Apathique

Très calme, égalité d'humeur, ponctuel.

Fidélité dans certaines pratiques de piété.

Egoïsme, paresse, sans élan, sans ressort.

Il est facilement complexé, a un manque d'assurance.

Il est enclin à s'attacher aux choses, à l'argent.

Il convient de le stimuler dans sa torpeur, de lui donner des efforts concrets, de lui demander quelques témoignages de sentiments. Il faut l'aider à accepter les petits dérangements. Insister sur les activités sportives.

NE. NA. P. : Amorphe

Gai, social.

Tendances à l'égoïsme, à la paresse, à la sensualité.

C'est un gros mangeur, un gros dormeur. Il a peu de sens pratique.

Il faut l'aider à dompter la sensualité, lui imposer des efforts concrets et modestes.

Il faut l'encourager, travailler avec lui, le stimuler.

E. = émotif         NE. = non émotif             A. = actif              NA. = non actif                 S. = secondaire                P. = primaire.







Par Abbé Sauvonnet - Publié dans : Domus
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Lundi 1 décembre 2008 1 01 /12 /Déc /2008 12:42

RAYONNEMENT DE L'EXEMPLE


- L'exemple est un des plus puissants moyens d'éducation. Notre-Seigneur a commencé par faire avant d'enseigner. « Coepit facere et do­cere. »


- Notre attitude à l'heure de la prière, notre façon de faire le signe de la croix, le respect avec lequel nous prononçons les paroles de la Sainte Messe, le regard de foi que nous fixons sur l'hostie ont, à notre insu, plus d'influence sur les âmes que les plus beaux discours.


- Ce qui compte en matière d'éducation, c'est ce que nous sommes ou, à tout le moins, ce que nous nous efforçons d'être, bien plus que ce que nous disons.

« On fait plus de bien par ce qu'on est ou par ce qu'on fait, que par ce qu'on dit. » (Ollé-Laprune.)


- Le meilleur moyen d'éveiller et d'affermir la foi de ceux qui nous entourent, c'est de leur prouver par toute notre vie, en agissant conformément à ce que nous affirmons, que nous croyons vraiment à ce que nous disons.


- Il n'est pas de plus grave dommage que l'on puisse causer à l'enfant que de l'habituer à considérer les vertus du christianisme comme des choses qui se disent, mais qui ne se font pas. Le christianisme alors n'est plus qu'une langue sublime, il cesse d'être une vie.


- Il y aurait à chercher plus loin, dans la psychologie même de l'adolescent, les raisons qui donnent à l'exemple la supériorité sur la parole. Ce qui croît chez l'enfant, c'est l'indépendance, en même temps que l'affirmation de sa personnalité.

Il tend à secouer un beau matin le joug: non seulement celui qui pèse actuellement sur lui, mais celui qui pèse dans son avenir. Par un instinct subtil, il distingue nettement ce qu'il doit à autrui et ce qu'il se doit à lui-même. Follement avide de rejeter l'influence étrangère, il garde jalousement ce qu'il s'est approprié par son propre choix. Et dès lors il faut accorder à l'influence indirecte, et pour ainsi dire involontaire et anonyme, une efficacité bien plus profonde et tenace, qu'à l'influence directe qui s'exerce par volonté, par pression, et par contrainte.

L'esprit de contradiction n'est pas seulement un jeu au­quel se plaît l'humeur juvénile; il est dans la nature. La vie est si égoiste et s'aime tellement elle-même qu'elle finit par se dépouiller, autant qu'elle le peut, de ce qui n'est pas elle.

C'est pourquoi il est si important que la formation spi­rituelle dérive non d'un commandement auquel on est tenté de s'opposer, mais de l'estime qt de l'amour secret de la vertu dans un exemple vivant.       (R.P. Charmot. )



AUTORITÉ


- L'autorité est un ensemble de qualités en vertu desquelles l'éducateur amène facilement les enfants à aimer et à vouloir ce qu'il estime conforme à leur plus grand bien.


- L'autorité ne s'obtient pas sur commande, ou en vertu de la fonction que l'on assume : il faut la gagner et la mériter.


- Si l'éducateur exerce l'autorité, ce doit tou­jours être pour le plus grand bien des enfants ici plus qu'ailleurs, commander c'est servir.


- Ne confondez pas autorité et autoritarisme. L'autoritarisme est une caricature de l'autorité en vertu de laquelle on commande « sans raisons proportionnées ».

Rien de plus dangereux, car à force d'intervenir à chaque instant, à tort et à travers, on ris­que d'étouffer toute spontanéité chez ceux à qui on commande, et on finit par se rendre odieux.

Remarquez que ce sont souvent les tempéraments timides qui sont les plus autoritaires. Etant les moins sûrs d'eux-mêmes, ils ont besoin de se convaincre, par des affirmations réitérées et souvent intempestives, qu'ils sont les maîtres.

 

L'essentiel n'est pas de commander, mais d'obtenir, et l'idéal est d'obtenir en commandant le moins possible.


- Par le fait même que vous avez une respon­sabilité, et dans la mesure où vous l'avez, vous détenez l'autorité.

Si vos qualités d'autorité ne sont pas à la hau­teur de votre fonction, il y a là un désordre qui peut être cause de graves dommages pour vous et pour les autres.

En effet, si, par manque d'autorité, vous ne faites pas respecter « l'autorité », vous facilitez l'indépendance, la révolte ou l'anarchie.


- En règle générale, lorsque les enfants n'obéis­sent pas, c'est la faute de celui qui les com­mande.

Réitérant ses ordres sans effet, obligé de faire lui-même une grande partie du travail qu'il n'ob­tient pas des autres, il se fatigue, il s'épuise, se décourage et n'aboutit qu'à des résultats déplo­rables.

N'ayant pas d'influence sur les enfants, il ob­tiendra d'eux difficilement les efforts qui leur sont nécessaires pour contracter des habitudes bonnes et salutaires.


- Les enfants ont besoin d'être aidés; ils ont à réagir contre des tendances mauvaises; ils ont à acquérir peu à peu des qualités qui leur man­quent ou à développer celles qui ne sont en eux qu'à l'état de germes.


- Il y a des hommes qui ont naturellement de l'autorité: c'est inné chez eux; ils exercent au­tour d'eux une influence évidente. On dirait qu'il s'échappe d'eux un fluide magnétique en vertu duquel ils modifient à volonté l'ambiance du mi­lieu où ils se trouvent. Ils n'ont même pas besoin de réclamer le silence : le silence semble se faire tout naturellement lorsqu'ils parlent.

Lyautey s'imposait en maître, par une sorte de rayon­nement physique, qui n'était que le reflet de son âme de feu.

Aucun n'a échappé à cette impression de force à haute tension qui émanait de sa personne, à cette température de brasier, à ce puissant rayon de vie qu'il dégageait, obs­cur et direct, pour aimanter les âmes et les galvaniser. (G. de Tarde.)


- L'autorité, en certains cas, peut être une ques­tion de tempérament, d'atavisme même. L'auto­rité peut cependant s'acquérir; elle peut se dé­velopper comme elle peut se perdre, selon cer­taines règles ou lois qu'il est toujours utile de connaître.


- Si vous voulez que l'enfant ait du respect pour vous, respectez-vous vous-même. Ne pro­noncez jamais un mot déplacé, jamais un mot d'argot ; ne vous permettez aucune plaisanterie douteuse, aucune familiarité. Evitez tout laisser­ aller dans votre tenue. Saint thomas d'Aquin a écrit : « la familiarité engendre le mépris ».



L'ART DE COMMANDER


- Ce n'est pas l'importance du commandement qui fait la grandeur du chef, mais la façon dont il commande. (Foch.)


- Si le commandement consistait à donner des ordres, son rôle ne serait pas difficile. Il s'agit d'obtenir l'exécution, et c'est là le nœud  de la question.


- D'abord et avant tout, sachez vous-même exactement ce que vous voulez, puis donnez vos ordres avec l'intention ferme de les faire exécuter ; sinon les enfants s'en apercevront et ne se donneront plus la peine de tenir compte de ce que vous dites.


- Quand vous avez à commander, faites-le avec une fermeté tranquille et une véritable assurance d'être obéi.


- Ne donnez jamais un ordre sur un ton sup­pliant ; ne mendiez jamais l'obéissance.


- Il faut s'arranger pour ne jamais avoir à répéter plusieurs fois le même ordre. Pour cela, il ne faut donner un ordre que dans des conditions telles que ceux qui doivent l'exécuter l'aient entendu et compris et puissent le réaliser immédiatement.


- Pour être bien sûr d'avoir été entendu et com­pris, faites répéter l'ordre par les enfants eux­-mêmes.


- N'exigez que des choses raisonnables. Par exemple, ce serait user votre autorité que d'obliger les enfants à rester immobiles et silencieux pendant un certain temps sans les occuper ou les intéresser.


- Ne multipliez pas les défenses. Choisissez à l'avance et arrêtez avec fermeté un petit nom­bre de points précis absolument fixes sur les­quels vous êtes décidé à obtenir une discipline absolue. Etre intransigeant sur le respect de ces disciplines fondamentales, c'est se donner le moyen d'être très libéral pour laisser le champ à la liberté individuelle.


- Un effort, un sacrifice même est consenti de bon gré s'il est posé dès le début comme une condition préalable au bon fonctionnement du jeu ou à la bonne marche de la journée.


- Si au début on tolère l'à-peu-près, on sera vite débordé.


- Autant que possible, évitez les ordres néga­tifs : l'interdiction de faire une chose fait naître l'idée et le désir de la chose défendue.

Quelques exemples :

au lieu de dire : « ne trichez pas »

dites : « jouez loyalement. »

au lieu de dire : « ne tournez pas la tête à la chapelle »

dites « regardez le tabernacle. »

au lieu de dire : « ne jouez pas à des jeux de mains »

dites : « ayez toujours de bonnes manières et conduisez-vous en enfants bien éle­vés. »
au lieu de dire : « ne soyez pas malpropres »

dites : « on est heureux lorsqu'on est propre. »

au lieu de dire : « ne soyez pas en retard »

dites : « arrivez cinq minutes avant l'heure. »


- Une autre méthode consiste à présenter avec humour les choses défendues sous un aspect plus restrictif que prohibitif.

Exemples :

au lieu de dire : « Il est défendu de monter aux arbres et d'escalader les murs »

dites : « seuls peuvent monter aux arbres ceux qui en ont la permission écrite de leur maman. »

au lieu de dire : « ne ramassez pas de pommes »

dites : « il faut la permission du fermier ou du garde-champêtre pour ramasser les pommes. »

au lieu de dire : « je vous défends de jouer sur la route »

dites : « vous pouvez courir ou jouer où vous voulez jusqu'à la route, je ne dis pas « sur la route » car sur la route il passe des autos et cela me ferait beaucoup de peine de rapporter ce soir un petit bonhomme en morceaux à sa maman. »


- Pour obtenir facilement l'adhésion de la vo­lonté des enfants aux efforts que vous avez à leur demander, supposez le problème résolu : fai­tes miroiter à leur imagination l'image at­trayante de ce qu'ils vont être en se surpassant eux-mêmes.                                                                  

Par exemple: « Voici comment nous pourrions faire pour agir en vrais amis de Jésus.


- Une bonne manière d'amener un enfant à vou­loir ce que vous désirez : développer chez lui des ambitions saines ; lui présenter l'idéal de ce qu'il peut être, le lui faire désirer avec enthousiasme.


- Il y a au fond de tout enfant un héroïsme la­tent auquel il convient de faire appel souvent si on veut l'aider à se dépasser.


- Lorsque vous avez à donner un conseil à un enfant, ou même lorsque vous avez un reproche à lui faire, supposez toujours chez lui les qualités, au moins en germe, que vous voudriez voir se développer.

Au lieu de dire à un enfant: « vous êtes un paresseux, un sans-cœur, un maladroit », dites-lui: « quelle belle occasion pour vous de montrer que vous avez bon cœur, - je savais bien que vous aviez bon caractère, je suis bien certain que si vous le vouliez, vous nous étonneriez tous par votre gentillesse. »


- Incluez-vous vous-même le plus souvent dans la collectivité.

Exemples : au lieu de dire « vous ferez ceci ou cela », dites : « nous ferons... »

Au lieu de dire: « quand vous arriverez à la chapelle vous vous tairez », dites : c nous nous tairons quand nous arriverons à la chapelle ».


- L'enfant n'a pas à faire tout ce qu'il veut, mais vous devez faire en sorte qu'il veuille tout ce qu'il fait.


- N'humiliez  jamais un enfant d'avoir obéi. Ne dites jamais: « Ah! je savais bien que tu finirais par' plier. »


- N'admettez jamais que vos ordres soient dis­cutés en public. Si un enfant exprime du mécon­tentement en public, vous pouvez être certain qu'il polarisera autour de lui d'autres résistances.


- Ne faites jamais de menace que vous n'êtes pas en mesure de mettre à exécution. De même, ne promettez jamais une récompense que vous n'auriez pas l'intention de donner. Promesse est chose sacrée, et l'enfant, qui a le sens aigu de la justice, sera déconcerté et même scandalisé s'il aperçoit chez vous le moindre symptôme de four­berie, même pour le bon motif.



L'ART D'ENCOURAGER


- Soyez encourageants: faites confiance à l'en­fant, sous bénéfice d'inventaire.


- Croyez, aux bonnes intentions et aux bonnes dispositions des enfants ; le bien doit être supposé, le mal doit être prouvé. Si ces bonnes dispositions existent, elles se trouveront renforcées par la confiance qu'on a en elles, et l'enfant se sentira comme obligé de se montrer digne d'une telle confiance.


- La confiance opère à la manière d'une suggestion : « On me croit bon, donc il doit y avoir du bon en moi, donc je puis être tout-à-fait bon. » En revanche, croire au mal c'est provoquer l'enfant à mal faire.


- Prenez les enfants comme ils sont, puis édu­quez-les, entraînez-les, améliorez-les, perfectionnez-les. Découvrez leurs aptitudes et leurs qualités, et mettez-les en valeur.


- Dire à un enfant qu'il est poltron, qu'il craint l'orage, qu'il est timide, paresseux, équivaut à créer chez lui ces défauts qui n'existent encore qu'à l'état embryonnaire ; c'est de la qualité con­traire qu'il faut parler : « montrez que vous êtes capable de ... »


- L'attitude mentale qui influence peut se tra­duire par cette phrase : « Vous êtes bien comme vous êtes, mais vous pouvez vous perfectionner, et voici comment. » « Ce que vous faites est bien ; mais vous pouvez faire mieux encore, et voici comment... »


- Ne laissez jamais les enfants sous l'impression d'un échec.


- Relevez à propos le moindre acte de bonne volonté de l'enfant ; faites-lui toucher du doigt la qualité qu'il doit acquérir. Faites constater aux enfants leurs progrès pour les encourager à en faire de nouveaux.


- Essayez de donner à l'enfant comme modèle, non pas vous ou un autre enfant, mais lui-même les jours où il a été sage ; qu'il veuille être di­gne de ses meilleurs moments.


- Que l'enfant qui a fait des efforts et des pro­grès sache que vous les avez vus et que vous êtes content de lui.


- Plus vous considérerez les bonnes qualités de chacun, plus vous serez bienveillant à son égard. Cherchez, et vous trouverez quelque mérite chez les plus déshérités des êtres humains.



L'ART DE RÉPRIMANDER


- Il faut savoir garder la mesure dans les répri­mandes. Les exagérations, sous prétexte de frap­per vivement l'imagination et la sensibilité de l'enfant, et d'empêcher ainsi le retour de la mê­me faute, sont extrêmement dangereuses car, ou bien elles amèneront l'enfant à regarder comme faute grave ce qui ne l'est pas et à faus­ser sa conscience, ou bien, si l'enfant a suffi­samment le sens du réel, les exagérations l'amè­neront à douter de l'intelligence de celui qui fait la réprimande et l'autorité de celui-ci s'en trou­vera compromise.


- Si l'enfant fait une faute, ne la lui faites pas considérer comme l'expression d'un état ou d'une disposition fondamentale en lui, mais comme une faiblesse passagère qui peut ne jamais se renou­veller.

L'enfant se dira : « Du moment qu'on pense que je suis sincère, loyal, je ne veux plus que l'on doute de ma loyauté et de mon courage. »


- Il faut savoir choisir le. moment pour faire une observation à un enfant. Ne le grondez pas quand il n'est pas en état de profiter de la réprimande : vous auriez contre vous ses nerfs et toute sa complexité psychique.

N'essayez même pas de le raisonner à ce mo­ment-là, puisque, précisément, il n'est pas « rai­sonnable ». Attendez un peu que ses nerfs soient tombés.

Si alors vous savez toucher son cœur, vous en ferez tout ce que vous voudrez.

Parlez-lui, à part, par exemple au moment de lui dire bonsoir. Tâchez d'arriver à lui faire dire de lui-même qu'il n'a pas été ce qu'il aurait dû être, et terminez toujours par une parole encourageante.

« J'essaie de lire dans tes yeux ; je vois que tu regrettes le mauvaise exemple que tu as donné, mais il me semble que j'y vois aussi autre chose : que tu vas réparer ta conduite

- Cela ne m'étonne pas de toi, et je suis certain que maintenant tu feras mieux. »


- Ne soudez jamais la collectivité contre vous : votre autorité risquerait vite de disparaître. Pour cela évitez les jugements défavorables à portée générale. Ne dites pas: « Vous avez tous été insupportables aujourd'hui, jamais je n'arriverai à faire quelque chose de bien avec vous. »


- Réduisez le plus possible le nombre des enfants atteints par les réprimandes ou les sanctions : comme la médiocrité commune, le malheur commun rapproche les âmes. Il s'établit fatalement une solidarité entre ceux qui sont atteints par les mêmes mesures sévères. On se console mutuellement et, le cas échéant, on s'excite à la résistance et au mauvais esprit.


- Une autre méthode: si tout le monde a été défaillant, afin de ne pas avoir l'air de traiter votre auditoire en adversaire, incluez-vous vous-­même dans la collectivité, et sous forme d'exa­men de conscience à haute voix, dites: « Aujourd'hui nous n'avons pas été ce que nous aurions pu être. » Terminez d'ailleurs toujours par une parole d'encouragement et ralliez toutes les tendances dynamiques des enfants vers un but positif, un objectif à atteindre dès le lendemain pour réparer la faute de la veille.


- Evitez de réprimander à la chapelle ou à l'église, surtout à haute voix. Un regard suffit souvent à obtenir une meilleure tenue de l'enfant qui s'est oublié ; prenez le délinquant à part à la sortie de l'église.


- Si vous avez à faire une observation à un en­fant qui court, ne vous donnez pas le ridicule de courir après lui; faites-le appeler à voix basse par l'un de ses camarades.


- Tant que les reproches n'auront pas eu com­me écho le reproche que l'enfant se fait à lui-même dans l'intimité de sa conscience, rien ne sera fait.


- Au risque d'assurer l'impunité à certaines fautes, il est bon de faire sentir à l'enfant qu'une faute avouée est à demi-pardonnée.


- Distribuez les éloges et les blâmes avec dis­cernement, en tenant compte des intentions pré­sumées de l'enfant plus encore que de la maté­rialité des faits.


- Il faut que l'enfant sente, lorsqu'on lui fait une réprimande, que vraiment on se met à sa place et qu'on souffre du tort qu'il se fait en commettant une négligence. La disposition de sympathie créée par la bonté l'amènera à se faire lui-même le reproche qu'il mérite.

Par Abbé Sauvonnet - Publié dans : Domus
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Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 01:47

SAINT JOSEPH

 

« Aux cotés de la Vierge Marie, Saint Joseph est le modèle accompli des vertus conjugales et familiales » Jean-paul II

 

Ce que  l’Eglise nous rapporte concernant Saint Joseph se borne à quelques phrases. Rien sur sa naissance, rien sur sa mort. L’on n’y cite aucunes de ses paroles.

Est ce à dire que sa grandeur et son rôle sont d’une importance minime dans les desseins de Dieu ? Non, bien sûr.

A vous, le soin de vous pencher davantage sur les Ecritures pour y trouver les détails. Détails à méditer, et qui vous fourniront en fait largement les traits et le portrait de ce très grand saint. Un saint que l’on oublie peut être trop  très souvent, et qui pourtant, est probablement le saint à évoquer juste après la Ste Vierge.

Voici ce que nous dit St Thérèse d’Avila   

« Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé jusqu’à ce jour qu’il ne me l’ait accordé, ni ne puis penser sans étonnement aux grâces que Dieu m’a faites par son intercession et aux périls dont il m’a délivrée tant pour l’âme que pour le corps. Il me semble que Dieu accorde aux autres saints la grâce de nous secourir dans tel ou tel besoin, mais je sais par expérience que saint Joseph nous secourt en tout comme si Notre Seigneur voulait nous faire entendre que de même qu’il était soumis sur terre, parce qu’il lui tenait  lieu de père et en portait le nom, il ne peut dans le ciel rien lui refuser » [ p8 / les silences de St Joseph]

 

1 – Origine de la dévotion à Saint Joseph

Durant les premiers siècles et le Moyen Age, les pères et les docteurs de l’Eglise parlent rarement de lui. C’est seulement ensuite que son rôle et sa mission commencent à être mis en lumière par les auteurs spirituels et les orateurs sacrés comme Gerson ou Bossuet. Il a fallu attendre le XIXème siècle pour que, saint Joseph occupe la place qu’il mérite dans le culte chrétien.

Aux origines de l’Eglise, les Apôtres et les Pères devaient surtout mettre en relief la filiation divine du Christ et sa conception virginale. Il se trouvait donc laissé à l’arrière plan, derrière Jésus et Marie. Cependant sa place était suffisamment indiquée dans l’Evangile pour que quelques Pères la remarquent déjà et en soulignent l’importance. La grandeur de saint Joseph vient avant tout de la mission que Dieu a voulu lui confier dans la réalisation du mystère de l’Incarnation. Il a été d’abord le témoin et le garant de la conception  virginale de Jésus, puis il a exercé sur l’enfant une paternité authentique, veillant avec sollicitude sur la Sainte Famille dont il était le chef. Proclamé patron de l’Eglise universelle en 1870, saint Joseph a été présenté spécialement par Léon XIII comme modèle et protecteur des ouvriers. Mais c’est surtout après l’institution par Pie XI de la fête de saint joseph artisan, que le charpentier de Nazareth est devenu le patron céleste de tous les travailleurs. De même que la Vierge Marie devait être la Mère de l’Eglise, saint Joseph était donc appelé aussi à embrasser dans son rôle paternel tout le corps mystique du Christ.

 

2 – Qui est Saint Joseph « un homme nommé Joseph de la maison de David » Lc 1,27

Sachant que très souvent l’ancien testament annonce et prophétise le nouveau, tout ceux qui s’y sont penchés, se sont appliqués à rechercher à travers l’histoire des images ou des faits pouvant annoncer de manière préfiguré le père virginal de Jésus. Ils ne portent pas seulement le même nom, mais il y a dans leurs vertus et dans leur vie tissées à la fois d’épreuves et de joie, de similitudes étonnantes entre les différents Joseph.

-         Joseph, fils de Jacob, vendu par ses frères, s’exilant en Egypte et devenu ministre du pharaon)

-         Cet ancien Joseph reçut de Dieu aussi le privilège d’interpréter les songes et d’être averti ainsi de sa destiné.

L’un et l’autre –deux justes- se dévouèrent également corps et âme à la mission qui leur était confiée, redoutant qu’on leurs accordât des honneurs n’appartenant qu’à leur maitre.

Les papes Pie XI et Léon XIII se feront l’écho des pères de l’Eglise pour y voir quelques annonces prophétiques de la venue de Joseph.

L’on sait de manière sûre que Joseph était de la maison de David, donc de la famille d’où devait naitre le Sauveur. Comme Dieu l’avait dit à David :

« Un homme nommé Joseph, de la maison de David » St Luc.

Lorsqu’ avant  la naissance de Jésus, l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph , il lui dit « Joseph, fils de David »

Deux évangélistes donnent la généalogie de Joseph. St Luc et St Matthieu.

Chez les Hébreux, on considérait comme un devoir de conserver la liste de ses ancêtres.  Il existait au temple une commission permanente chargée d’examiner ou de rectifier les listes [ p12 / les silences de St Joseph]

Nous  passons sur les détails de la généalogie car suivant les sources elles diffèrent (frère = cousin , ou établie à partir des noms les plus importants)

Idem [ p 12 à 14]

Lorsque l’on considère les 40 générations précédants Joseph sur environ 2000 ans l’on trouve aussi bien des  de rois que des poètes ou des bergers St Joseph apparaît ainsi comme la clé  qui ferme l’ancien testament et qui ouvre le nouveau. Il est le dernier patriarche de l’ancien testament et le premier saint du nouveau. Dieu en naissant en ce monde choisissait pour père un héritier de 19 rois afin d’apprendre aux rois qu’ils portent dans le sang une responsabilité. Mais ce descendant de roi qui n’aurait jamais songé à faire étalage de sa noble origine , vivait dans la pauvreté  afin de faire savoir au monde que dans le royaume des cieux la pauvreté est la première des noblesses, et qu’elle devient, quand on l’accepte sans murmure, le moyen assuré de participer à la richesse de Dieu.

Que dire de son métier ? Aucuns documents permettent  de savoir si le métier de charpentier était celui de son père mais rappelons que tout juif, rabbin, fils de roi ou non devait apprendre un métier et travailler de ses mains. Sans jamais se prévaloir devant les hommes de sa descendance de David, sans songer le moins  du monde à jouer au personnage, il lui suffisait d’être ce que Dieu avait voulu qu’il fût, et de s’appliquer à son métier avec autant de soin et de conscience que s’il eut un royaume à régir.

 

 

3 – Pourquoi St Joseph :

Le panégyrique de St Joseph dans l’évangile est  plutôt court. Il tient en seul mot : juste. En fait ce n’est pas un mince éloge. Le mot évoque la sainteté. Il réunit toutes les vertus. (à méditer dans les litanies)

Le juste de l’ancien testament est le saint du nouveau. Le juste est celui qui s’abstient du mal et qui fait le Bien ; celui dont le cœur est pur, celui dont l’intention et la conduite est irréprochable ; celui qui ne fait rien sans s’enquérir de ce que Dieu ordonne ou défend. Et St Joseph, vraiment, était cet homme là. Comment imaginer un autre homme pour devenir l’époux de Marie, le père adoptif de Jésus. Les juifs attendaient la venue d’un sauveur : la prédiction d’Isaïe précisait  «  la vierge qui allait enfanter ». Mais nul ne savait comment ou ceci allait s’opérer. Et l’on peut se dire que si Dieu a choisi Marie, il est clair qu’il fallait un époux à la Vierge pour sauvegarder son honneur, un père aussi à l’enfant pour le nourrir et le protéger. Tout ceci avant que l’identité de l’enfant éclate au grand jour. 

La rédemption ne devant s’accomplir que par le sacrifice de Jésus Christ sur la Croix, saint joseph fût prédestiné, d’abord pour être le témoin de l’enfantement surnaturel du Sauveur et ensuite devenir le gardien de la Vierge Mère et de son fils, veillant sur eux avec une fidélité à toute épreuve et pourvoyant à la nourriture et à leurs besoins par le travail de ses mains. C’est pourquoi on peut dire que saint joseph fut prédestiné par Dieu pour être, d’une manière spéciale, le coopérateur du sauveur et de sa mère, dans l’œuvre de la Rédemption ; et c’est là précisément l’office si sublime qui rehausse à nos yeux la dignité de notre Saint Patriarche.

 

4 –St Joseph époux de Marie :

L’annonce à Joseph

«  Joseph fils de David ne craint de prendre chez toi Marie comme épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l’esprit Saint et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus » St Matthieu.

 

On sait que la vierge Marie était promise en mariage à Joseph. Mais ce n’est pas elle qui lui en parle. C’est l’ange  qui le salue d’abord comme descendant de roi et ensuite il lui dit « ne craint pas de prendre chez toi Marie ton épouse » Mt 1,20

Joseph n’eut pas à dialoguer avec l’ange comme l’avait fait Marie au jour de l’annonciation en demandant des éclaircissements. Lui reçoit le message de Dieu sans qu’il soit besoin de parlementer. On se contente de dissiper ses craintes et de requérir son concours. On le considère avant la lettre comme le centurion de l’Evangile  à qui on dicte une tache. En même temps, se dessine à ses yeux le rôle qui lui est assigné. Il comprend  que bien loin que Marie ait cessé d’être son épouse en devenant la mère du Fils de Dieu, bien loin qu’il doive se considérer près d’elle un intrus, c’est Dieu lui-même qui le charge par sa seule présence de sauvegarder son honneur et celui de son enfant sous le voile d’un mariage officiel, d’assurer par son dévouement à l’un et à l’autre la protection dont ils auront besoin. Sans lui le mystère de l’Incarnation n’aurait pu avoir son harmonieuse expression.

St Joseph prit donc chez lui son épouse en pure obéissance de la foi. Il accepta comme une vérité venant de Dieu. Le concile dit : « A dieu qui révèle est due « l’obéissance à la foi » par laquelle l’homme s’en remet tout entier et librement à Dieu dans un complet hommage d’intelligence et de volonté à Dieu qui révèle » et dans un assentiment volontaire à la révélation qu’il fait. » Cette phrase qui touche à l’essence même de la foi s’applique parfaitement à Joseph de Nazareth.

 

Mariage véritable de Joseph et de Marie :

C’est pour assurer une présence paternelle auprès de Jésus, que Dieu choisit Joseph. La paternité de Joseph passe par le mariage avec Marie, cad par la famille. Pour l’Eglise, il est important de proclamer la conception virginale de Jésus, de souligner que dans ce mariage la virginité est préservé et non moins important de défendre l’institution du mariage. Le sauveur a commencé l’œuvre du salut par cette union virginale et sainte où se manifeste la toute puissante volonté de purifier et de sanctifier la famille, sanctuaire de l’amour et berceau de vie. C’est dans la Sainte Famille, cette église en miniature, que toutes les familles chrétiennes doivent trouver leur repère.

 

Fidélité exemplaire, amour sponsal et virginal :

Cet homme juste qui aimait la vierge de Nazareth et qui s’était lié d’un amour sponsal est à nouveau appelé à Dieu par cet amour. Un amour régénéré par l’Esprit Saint. Joseph obéit à l’esprit et son amour est plus grand encore

Le mariage et la virginité sont les deux manières d’exprimer et de vivre l’unique mystère de l’alliance de Dieu avec son peuple, qui est la communion d’amour entre Dieu et les hommes.

 

 5 – Joseph père :

St Joseph a été appelé directement par Dieu pour exercer sa paternité. Il fait de sa vie un service, pour ne pas dire un sacrifice, il use de son autorité légale pour faire don total de lui-même, de sa vie, de son travail. C’est le serviteur fidèle  Léon XIII souligne : « Joseph brille entre tous par la plus auguste dignité, parce qu’il a été, de par la volonté divine, le gardien du fils de Dieu, regardé par les hommes comme son père.. »

Toute la vie privée ou cachée de Jésus  lui est confiée. Il suit cependant les lois humaines

ex :

-         à Bethléem inscrire officiellement Jésus fils de Joseph de Nazareth (recensement),

-         la circoncision et l’imposition du nom (choisi par l’ange donc par Dieu) par ce rite Joseph exerce son droit et son devoir à l’égard de Jésus. IL est dans rôle  de père de famille.

On note dans l’évangile de St Luc, qui rapporte l’enfance de Jésus, que St Joseph est toujours présent.

A lire l’exode de la sainte famille en Egypte, cela a l’air relativement simple. Toutefois cet épisode permet de souligner davantage la Foi de St Joseph : un songe lui apparaît « lève toi … » Il obéit, il n’ a pas le temps de se préparer  pas de plainte, il ne sait pas alors combien de temps durera son exil. (fatigue du trajet, inconnue, …) jamais St joseph ne maudit pas son état : exemple de la naissance de jésus, il s’abandonne avec Foi à la divine providence.

 

« Mon enfant pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! Ton père et moi, nous te cherchons angoissés » Lc 2,48 (Jésus retrouvé au temple)

Comme tout père Joseph, s’inquiète pour son fils et part à sa recherche. Cet épisode, met non seulement l’aspect paternel de Joseph, mais surtout il met en exergue le fait qu’il est le dépositaire du mystère de Dieu

 

Saint Joseph chef de la sainte famille modèle de tous les pères : 

de son exemple on peut méditer également sur le fait qu’engendrer un fils c’est avant tout le recevoir de Dieu. Ne pas oublier que  nos enfants appartiennent avant tout à Dieu. Nous parents sommes les instruments du Père céleste. Aussi notre devoir est de les éduquer avec une attention constante du rapport qu’ils doivent avoir avec Dieu plus qu’avec nous. Ce qui requiert patience, tact, intelligence et amour.

Pour conclure, le rôle de Joseph (père putatif du Rédempteur) et du père de famille en particulier est clairement défini dans cette citation  de jean Paul II

« sa paternité s’est exprimée concrètement dans le fait d’avoir fait de sa vie un service, un sacrifice au mystère de l’incarnation et à la mission rédemptrice qui lui est liée ; d’avoir usé de l’autorité légale qui lui revenait sur la Sainte Famille, pour lui faire le don total de lui-même, de sa vie, de son travail ; d’avoir converti sa vocation humaine à l’amour familial en une oblation surnaturelle de lui-même , de son cœur et de toutes ses forces à l’amour mis au service du Messie qui naquit dans sa maison. »

 

 

 

6 – Saint Joseph, le modèle à suivre :

Saint aux multiples « compétences », libre à chacun de s’en inspirer.

 

 Modèle de sainteté

La  Foi : St Joseph est grand par l’esprit non pas parce qu’il prononce des paroles mais parce qu’il écoute la voix de Dieu. Il écoute en silence, son cœur est toujours prêt avec persévérance à accueillir la vérité que contient la Parole de Dieu et à la réaliser avec amour. Modèle de la vie intérieure

 

Vie cachée et pauvre

C’est la vie sainte d’un artisan qui nous donne l’exemple du mépris des biens terrestres. Avec ce saint pauvre et laborieux, occupé comme nous à gagner quelque chose pour vivre, demandons lui de nous aider à parvenir aux nécessités de nos familles et d’en accepter les contraintes par une parfaite confiance en Dieu

 

Modèle des humbles

Pour être un bon et vrai disciple du Christ il n’est pas nécessaire d’accomplir de grandes choses.

C’est le modèle des humbles que le christianisme élève à de grands destins. Joseph est la preuve que pour être un bon et vrai disciple, il n’est pas nécessaire d’accomplir de grandes choses, qu’il suffit de vertus communes, humaines simples mais authentiques.

C’est un protecteur à invoquer et un exemple à imiter. A nous de le suivre dans l’esprit et la pratique concrète des vertus.

 

Modèle des travailleurs

C’est un saint profondément humain à ses cotés travaille le fils de Dieu. Le travail ne doit pas éteindre l’esprit mais se mettre à son service (rappel de la nécessité du repos dominical) Le travail sert à notre rédemption (création)

Travail dans le silence et la contemplation.

Faire plier notre volonté souvent capricieuse et indocile avec la volonté de Dieu. Savons-nous écouter Dieu ? Sommes-nous prêt ? Demandons à St joseph de ne pas craindre de prendre le christ dans notre travail quotidien.

 

Patron des mourants

La mort de saint Joseph fut une mort privilégiée : comme celle de la sainte Vierge, elle fut, dit saint François de Sales une mort « d'amour ». C'est donc à juste titre que saint Joseph est invoqué comme patron de la bonne mort. Douce et suave comme celle de la Vierge, la mort de saint Joseph a semblé appeler un complément qui unirait davantage encore le patriarche à sa glorieuse épouse, par le triomphe d'une résurrection anticipée.

 

Saint Joseph est le modèle par excellence des pères de famille et des parents chrétiens, il est le patron des travailleurs et de tous ceux qui souffrent, des prêtres, des ordres religieux et des âmes virginales. Il veille particulièrement sur les enfants et sur la jeunesse. Il est de plus le patron de la Belgique et enfin celui de la bonne mort. En ces temps de grande dérive morale, il est plus qu’urgent de se tourner vers ce modèle de pureté et de chasteté.

La sublimité de la triple mission de saint Joseph; la prééminence de sainteté qui en est la conséquence; le patronage universel de ce grand saint sur l'Église, ne seraient-ils pas des raisons suffisantes pour accorder à saint Joseph un culte spécial, distinct du culte rendu aux autres saints ?

 

« ite ad joseph, et quidquid ipse vobis dixerit, facite. »

(allez à joseph, et tout ce qu’il vous dira, faites le.)

Par Les abbés - Publié dans : Domus
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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 12:27

LA FEMME DANS L’ISLAM

 

Face à la décadence de la famille occidentale, l’Islam conquérant propose aux jeunes son modèle familial comme étant un remède aux maux du siècle.

Cependant, malgré certaines apparences, la conception et la vie de la famille en Islam sont fort éloignées des nôtres.

Nous allons donc examiner la place et le statut de la femme dans le Coran, qui leur consacre de nombreuses prescriptions. Nous nous limiterons à en citer quelques exemples.

 

1. SUPÉRIORITÉ DE L’HOMME SUR LA FEMME

 

- Fondement doctrinal de cette supériorité.

 

Le dogme de la supériorité masculine est énoncé par ce verset :

Sr. IV. 38. - Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au dessus de celles-ci, parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les fem­mes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles con­servent soigneusement pendant l’absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l’inobéissance ; vous les relèguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu’elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand. (K)

 

Ainsi, cette supériorité se fonde sur deux causes, de rang dégressif :

- la volonté divine, conférant à l’homme, si l’on peut dire, une supériorité « essentielle »,

- le fait que c’est le fiancé qui verse la dot au père de sa future femme, à l’inverse de ce qui se passait dans notre société il y a peu encore.

Dans la logique musulmane, il est donc normal que l’homme jouisse d’une supériorité - et de droit - sur l’être qu’il a acquis en le payant. La femme est inférieure par décret divin comme le rappelle la citation initiale. Tout ce qu’édicte le Coran a valeur dogmatique, le contester revient à mutiler la parole de Dieu.

 

- Les femmes sont imparfaites

Sr. XLIII - 17. Attribuez-vous à Dieu des créatures qui comptent comme un simple ornement, ou qui sont la cause de querelles mal fondées ?[1] (130)

 

- Le port du voile est prescrit par le Coran

Sr. XXXIII. 57. - O Prophète, prescris à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, de laisser tomber leur voile jusqu’en bas ; ainsi il sera plus facile d’obtenir qu’elles ne soient ni mécon­nues, ni calomniées. Dieu est indulgent et miséricordieux. (K)

Selon Annie Laurent, il peut être vu comme une coutume vestimentaire symbolique, à l’instar du sari indien ou de la mantille des catholiques.

C’est aussi le symbole de l’humilité de la femme en prière devant Dieu, et si son abandon par les femmes chrétiennes n’a pas été interprété comme une libération du joug masculin, dans l’islam, son abandon a été le symbole d’une telle émancipation, une révolte contre un carcan juridique et social discriminatoire, un refus de la ségrégation socio-religieuse. Mais depuis la révolution iranienne, le foulard fait son grand retour et si le tchador fait fureur en Iran, c’est le hidjab n’ayant aucune légitimité culturelle que les ultra ont réussi à imposer. Le terme se traduit par rideau qui exprime la double fonction de cacher et de séparer. Il est constitué d’un foulard blanc, gris, beige ou imprimé, rabaissé sur le front et étroitement serré autour du visage de façon à ne laisser s’échapper aucun cheveu, assorti d’une robe-tunique informe et quelquefois de lunettes noires et de gants. C’est cette uniforme, étendard revendicatif que l’on voit se répandre partout dans nos villes. La femme qui le porte est aujourd’hui ou résignée ou militante agressive à l’instar de nos féministes soixante-huitardes.

 

- La naissance d’une fille est une disgrâce

Mohammed, en s’insurgeant contre le polythéisme de ses con­temporains, s’indignait spécialement du fait que leur Panthéon comp­tait trois divinités féminines, ! !, d’où ces invectives aux Mecquois :

Sr. XLIII. 15. - Dieu aurait-il pris des filles parmi ses créatures, et vous aurait-il choisis pour ses fils ? 16. Et cependant, quand on annonce à l’un d’entre (vous) la nais­sance (d’une fille) sa figure se couvre de tristesse et il est oppressé par la douleur.

 

Dans le Hedjaz préislamique, il était coutume dans certaines tri­bus, de tuer les filles dès la naissance, en les brûlant ou les enterrant vives. L’avènement de l’islam mit fin à ces pratiques, évoquées et condamnées par le Coran.

- Régression de la condition féminine

Par rapport au christianisme, l’Islam a bel et bien instauré une régression. De surcroît, en conférant un caractère divin aux préceptes coraniques, il les a figés à tout jamais.

Même si le Coran ne les prescrit pas, les coutumes mutilantes ont perduré : l’excision est toujours pratiquée dans 32 pays d’Afrique dont l’Egypte. Une fatwa délivrée au Caire en 1995 par l’institut coranique El-Azhar approuve ces pratiques au motif que « les filles qui ne sont pas excisées dans leur jeunesse ont un tempérament chaud et de mauvaises habitudes. »

En outre, l’infériorité féminine se vérifie dans tous les domaines de la vie. Pour résumer, une femme vaut moitié moins qu’un homme. En matière de témoignage, la parole d’un homme peut être remplacée par la parole de 2 femmes ; en matière de compensation de la perte d’un fœtus par accident, l’auteur doit payer 100 dinars si le fœtus était mâle, et la moitié s’il était féminin ; en matière de succession, la femme ne peut hériter que d’une part équivalente à celle de celle de l’homme sous prétexte qu’elle est improductive ; et tout est à l’avenant…

 

 

2. MARIAGE ET POLYGAMIE

 

- Les femmes ont été créées de (et pour) les hommes

Sr. XXX. 20 - C’en est un aussi (un signe de la puissance de Dieu) qu’il vous a créé des épouses formées de vous-mêmes, pour que vous habitiez avec elles. Il y a dans ceci des signes pour ceux qui réfléchis­sent.

 

- la sexualité dans l’islam

Si le christianisme a érigé la chasteté en vertu éminente, l’islam, lui, ignore les épousailles mystiques et désapprouve la virginité permanente à laquelle il ne croit pas.

« Coïtez et procréez car à chaque fois que vous faites œuvre de chair, vous faites une aumône » répétait Mahomet. En effet, la fonction sexuelle est en elle-même sacrée : elle est un de ces signes auxquels se reconnaît la puissance de Dieu.

En outre, le Coran laisse rêveurs ses lecteurs qui découvrent qu’après leur mort ils pourront jouir sans fin de hourris aux yeux clairs, toujours vierges et d’égale jeunesse. Quant aux femmes, une confidence du Prophète nous donne leur lot dans l’au-delà : « L’enfer est surtout peuplé de femmes ».

Mais le Coran fixe aussi les règles en ce bas monde avec force détails qui détonnent pour un livre sacré…

 

- Le devoir de mariage

Le célibat étant contraire au Coran, le mariage est la voie normale de la vie. Surtout pour une femme, dont la seule vocation est de procréer et qui n’a pas d’existence sociale sans un mari, un père, un frère voire un fils qui seul peut lui donner la permission d’accomplir certains actes de sa vie : voyager, avoir un emploi, faire des études…C’est pourquoi, dès son plus jeune âge, les parents d’une fille se mettent en quête de lui trouver un mari. Si dans la plupart des pays musulmans, l’âge nubile a été fixé à 16 ans sous l’influence coloniale, il est de 9 ans en Arabie Saoudite et en Iran.

En outre, le problème de la filiation musulmane se pose de façon non avouée par les musulmans. Mais les faits sont là : selon une enquête réalisée par l’Institut national des études démographiques, « si la moitié des jeunes gens d’origine algérienne se marie avec des Françaises, seulement le quart des filles se marient avec des Français. » La protection de la Oumma passe avant tout : la femme risquerait d’embrasser la religion de son mari et la descendance serait perdue pour l’islam.

 

- Ils en disposent à leur gré

Sr. II. 223. - Vos femmes sont votre champ. Allez à votre champ comme vous voudrez, mais faites auparavant quelque chose en faveur de vos âmes[2].

 

- Comment on doit traiter les épouses

L’épouse est l’objet de son mari. L’indocilité féminine est passible de sanctions « divinement » instaurées par le Coran puisqu’il est permis à l’époux de corriger sa femme fut-ce au moyen de coups. Ces punitions évitent à l’épouse qui se conduit mal d’être traduite en justice et donc de jeter le discrédit sur la famille.

Sr. IV. 23. - O croyants, (… Si vous répudiez une femme, ne lui reprenez pas sa dot…) Soyez bons dans vos procédés à leur égard. Si parmi vos femmes, il y en a pour qui vous avez de l’éloignement, il se peut que vous ayez de l’éloignement pour une chose dans laquelle Dieu a déposé un bien immense.

 

- Le châtiment de la femme libre adultère

L’Islam se montre intraitable concernant l’adultère (100 coups de fouet voire la peine de mort par lapidation).

Sr. IV. 19. - Si vos femmes commettent l’action infâme, appelez quatre témoins. Si leurs témoignages se réunissent contre elles, enfermez-les dans des maisons jusqu’à ce que la mort les enlève ou que Dieu leur procure quelque moyen de salut.

 

- Il est moins sévère pour la femme esclave

A celles-ci, en effet, le Coran prescrit de n’infliger que la moitié de la peine, ce qui montre que la sanction de l’adultère n’était pas la mort.

 

- La répudiation est autorisée

En effet, « Dieu ne vous punira point pour une méprise dans vos serments » (Sr. II. 225).

Elle fait l’objet de méticuleuses prescriptions, dont voici quelques-unes :

Sr. II. 229. - La répudiation peut se faire deux fois (sans entraîner d’autres conséquences que de reprendre simplement sa femme) (…)

 

Sr. II. 230. - Si un mari répudie trois fois sa femme, il ne lui est permis de la reprendre que lorsqu’elle aura épousé un autre mari, et lorsque celui-ci l’aura répudiée à son tour. (…)

 

Sr. II. 228. - Les femmes répudiées laisseront écouler le temps de trois menstrues avant de se remarier. Elles ne doivent point cacher ce que Dieu a créé dans leur sein, si elles croient en Dieu et au jour dernier. Il est plus équitable que les maris les reprennent quand elles sont dans cet état, s’ils désirent le bien. Les femmes, à l’égard de leurs maris, et ceux-ci à l’égard de leurs femmes, doivent se con­duire honnêtement. Les maris ont le pas sur leurs femmes. Dieu est puissant et sage.

Rien n’empêche l’époux de recourir à la répudiation. Elle est un droit discrétionnaire du mari qui n’a qu’à prononcer 3 fois « tu es répudiée » pour que la dissolution du lien conjugal s’ensuive aussitôt.

Un mari ivre l’ayant prononcée, ne pourrait récupérer sa femme que si elle a été de nouveau répudiée par un autre mari. Des « licitateurs » professionnels se sont spécialisés dans des noces d’une nuit. Les législations modernes envisagent de plus en plus facilement l’indemnisation de l’épouse. Elle peut également recourir au divorce à condition qu’il ait été prévu dans le contrat de mariage. La situation de l’épouse est précaire et rend le foyer instable, instabilité aggravée par la polygamie.

 

- La polygamie est autorisée, mais limitée à quatre

La polygamie préexistait à l’islam, qui la conserva et que le Coran règlemente :

Sr. IV. 3. - Si vous craignez de ne pas être équitables envers les orphelins, n’épousez, parmi les femmes qui vous plaisent, que deux, trois ou quatre (…) (K)

« Epousez comme il vous plaira, 2, 3 ou 4 femmes. Mais si vous craignez de ne pas être équitables, prenez une seule femme ou vos captives de guerre » (4,3). Un roulement est établi pour passer la nuit avec l’époux. On le voit, dans l’Islam, on ne se marie pas pour le meilleur et pour le pire mais l’homme cherche le meilleur sans accepter le pire. Les docteurs ès-Islam justifient la polygamie pour pallier la stérilité de l’épouse, la ménopause ou une maladie chronique rendant l’épouse incapable de s’occuper du foyer, les autres palliant sa déficience. Il ne reste à la femme qu’à vivre cette situation dans la résignation ou l’offrande.

Le mariage musulman n’encourage pas la fidélité ou l’oubli de soi tels qu’ils se vivent dans l’amour conjugal chrétien.

 

 

3. LA SITUATION DE LA FEMME MUSULMANE A-T-ELLE CHANGE ?

 

La femme est-elle toujours considérée comme inférieure ? Sa con­dition en pays d’islam est-elle toujours régie par les règles et textes que l’on vient de lire ?

Dans ses manifestations extérieures, la conception musulmane du statut de la femme (port du voile, relations avec l’extérieur, partici­pation à des activités salariées, etc …) varie sensiblement d’un État à l’autre. Chez certains, elle tend - jusqu’à un certain point - à devenir moins rigide, plus libérale.

Mais il reste très difficile de distinguer entre l’évolution appa­rente et l’immobilisme réel de fond, d’une part, - et d’autre part, certains courants tendent à réinstaurer les règles coraniques et tradi­tionnelles là où il a pu sembler qu’elles s’estompaient.

L’étude cas par cas de ces situations nous entraînerait au-delà des limites de cette étude.

Cependant, voici quelques exemples récents qui aideront à se faire une opinion.

 

• A l’étranger

 

- Évolution vers un statut plus libéral ?

En Tunisie, elle est déjà réalisée : cependant, de jeunes Tuni­siens exposaient récemment, - et non sans véhémence - qu’ils contestaient cette concession aux errements européens et qu’ils entendaient bien agir en faveur d’un retour aux règles de l’islam authentique.

Ils ajoutaient : « Nous ne tenons pas à ce que nos femmes devien­nent des p… comme les françaises du Club Méditerranée sur nos plages. »

 

En Algérie, l’on affirme que le nouveau Code de la famille est plus libéral pour la femme ; du moins est-ce ce que nous lisions dans une petite revue paroissiale de l’Est de la France, qui saluait cet évènement.

Mais, un mois plus tard, on nous montrait une vigoureuse pro­testation d’un club algérois de femmes (il en existe donc ?) dénonçant l’hypocrisie des concepteurs « machistes » de ce nouveau code !

Sous des dehors libéraux, accusent-elles, ce code est en réalité pour la femme musulmane un retour en arrière de plusieurs siècles ! Qui croire, de la revue paroissiale ou de ces protestataires ? A notre avis, plutôt les secondes, davantage impliquées…

 

- Immobilisme, statu-quo coranique ?

Dans un État d’Arabie, le barème des indemnités à verser par l’auteur d’un accident d’automobile mortel à la famille de la victime a été récemment actualisé ; nous n’avons noté ni la monnaie en cours, ni les chiffres précis, mais les proportions sont les suivantes :

Victime musulmane      homme : 1 000

femme : 500

Non-musulmane           homme : 250

femme : 125

 

• En France

 

- Une évolution apparente

Au contact de notre société, ces conceptions s’affaiblissent-elles chez l’immigré musulman ? E semble en effet qu’il y ait une évolu­tion, naturellement plus marqué chez ceux de la 2ème génération et, davantage, de la 3ème.

L’on voit de plus en plus couramment des femmes musulmanes accomplir à l’extérieur les tâches, missions ou commissions dont leurs maris, au travail, ne peuvent se charger : mettre un mandat à la poste, pousser un « caddie » dans un supermarché, etc…

Mais cela se passe en France, hors du contexte religieux, fami­lial, tribal de là-bas ; ces femmes, replongées dans ce contexte, oseraient-elles les mêmes comportements ? Il est permis d’en douter lorsque nous entendons certains immigrés nous raconter leurs souve­nirs de vacances. Là-bas, on ne se permet pas ce que l’on se permet ici, on se ferait mal voir par la famille.

 

- Mais le fond et les réflexes subsistent

Dans une étude réalisée par la Documentation française[3], on signale comme « souvent dramatiques et portant atteinte aux droits de la personne » le cas d’adolescentes musulmanes soustraites après l’âge de 15 ans à l’obligation scolaire sur présentation d’un certificat médical attestant que la mère fatiguée a besoin d’aide au foyer. On devine que l’état de la mère est un prétexte, et qu’en réalité il s’agit d’appliquer la tradition ; la fille doit rester à la maison dès qu’elle est nubile.[4]

 

Le statut de la femme ne semble pas évoluer.

 

Certains auteurs se donnent beaucoup de mal pour nous persuader que, contrairement à une image répandue, l’islam a beaucoup fait pour la libération de la femme.

Ainsi Marc Bergé[5] écrit :

L’islam a libéré la femme, mais l’a protégée à l’excès (…) (cepen­dant) l’égalité de base entre l’homme et la femme, entre tous les êtres humains, est suggérée dans le Coran quand il y est question de la création[6] : Craignez Dieu qui vous a créés d’un même souffle, et de ce souf­fle il a créé un couple dont procèdent beaucoup d’hommes et de femmes.

(…) Mais quel que soit le besoin urgent de libération qu’éprouve encore aujourd’hui la femme musulmane, il est important de mesurer tout ce que l’islam a apporté, en son temps, à l’être humain – homme ou femme - dans le sens de la dignité et de l’égalité. Les prescrip­tions concernant la femme « représentaient au moment le Coran fut révélé la législation la plus "féministe" du monde civilisé ».[7]

(…) Dans aucune civilisation, on ne peut dire encore que la femme ou l’homme, sur le plan du droit, sont définitivement libérés.

 

La lecture des versets du Coran, autant que l’observation constante des faits, conduit à des conclusions sensiblement différentes de celles formulées par cet auteur.

L’islam est une religion faite par un homme, réglementée par lui et par d’autres hommes, pour des hommes. Rien d’étonnant donc à ce que nous constations combien ces mêmes hommes répugnent à modifier le statut de la femme, et que l’évolution de l’islam à cet égard paraisse si lente au regard de ce qui se passe dans les autres sociétés.



[1] La femme, à cause de sa raison défectueuse, est toujours disposée à chercher des querelles sans motif (Note de Kazimirski dont nous tirons cette traduction).

[2] Un acte de dévotion ou de charité.

[3] L’insertion des jeunes d’origine étrangère dans la société française ; La documen­tation française, Paris, page 58.

[4] Les rapporteurs de la D.F. jugent illégale cette pratique, préconisent l’interven­tion du ministère de l’Éducation nationale pour la faire cesser, et proposent de créer des centres pour recevoir les fugueuses musulmanes dont la réintégration dans les familles paraît impossible…

Dix lignes plus loin, ces mêmes rapporteurs, - afin que les enfants d’origine étrangère puissent « valoriser leur identité culturelle », proposent que l’enseigne­ment de ces cultures, « civilisation, art, histoire, religion (souligné par nous) soit réalisé dans nos écoles » !

Bref : dénonçons cette pratique de l’islam, mais propageons l’islam ! (et dans les deux cas, aux frais du contribuable français). Ubuesque ! Mais tragique aussi.

[5] Marc Bergé, Les Arabes. Éditions Lidis, Paris, 1978, pages 571 et 572.

[6] Mais la supériorité de l’homme sur la femme est non pas suggérée mais clairement affirmée, et à plusieurs reprises, dans le même Coran.

[7] G. Tillon Les cousins et le harem, Seuil 1966, page 170. Cité par M. Bergé.

Par Les abbés - Publié dans : Domus
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