Face à la décadence de la famille occidentale, l’Islam conquérant propose aux jeunes son modèle familial comme étant un remède aux maux du siècle.
Cependant, malgré certaines apparences, la conception et la vie de la famille en Islam sont fort éloignées des nôtres.
Nous allons donc examiner la place et le statut de la femme dans le Coran, qui leur consacre de nombreuses prescriptions. Nous nous limiterons à en citer quelques exemples.
1. SUPÉRIORITÉ DE L’HOMME SUR LA FEMME
- Fondement doctrinal de cette supériorité.
Le dogme de la supériorité masculine est énoncé par ce verset :
Sr. IV. 38. - Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au dessus de celles-ci, parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles conservent soigneusement pendant l’absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l’inobéissance ; vous les relèguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu’elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand. (K)
Ainsi, cette supériorité se fonde sur deux causes, de rang dégressif :
- la volonté divine, conférant à l’homme, si l’on peut dire, une supériorité « essentielle »,
- le fait que c’est le fiancé qui verse la dot au père de sa future femme, à l’inverse de ce qui se passait dans notre société il y a peu encore.
Dans la logique musulmane, il est donc normal que l’homme jouisse d’une supériorité - et de droit - sur l’être qu’il a acquis en le payant. La femme est inférieure par décret divin comme le rappelle la citation initiale. Tout ce qu’édicte le Coran a valeur dogmatique, le contester revient à mutiler la parole de Dieu.
- Les femmes sont imparfaites
Sr. XLIII - 17. Attribuez-vous à Dieu des créatures qui comptent comme un simple ornement, ou qui sont la cause de querelles mal fondées ?[1] (130)
- Le port du voile est prescrit par le Coran
Sr. XXXIII. 57. - O Prophète, prescris à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, de laisser tomber leur voile jusqu’en bas ; ainsi il sera plus facile d’obtenir qu’elles ne soient ni méconnues, ni calomniées. Dieu est indulgent et miséricordieux. (K)
Selon Annie Laurent, il peut être vu comme une coutume vestimentaire symbolique, à l’instar du sari indien ou de la mantille des catholiques.
C’est aussi le symbole de l’humilité de la femme en prière devant Dieu, et si son abandon par les femmes chrétiennes n’a pas été interprété comme une libération du joug masculin, dans l’islam, son abandon a été le symbole d’une telle émancipation, une révolte contre un carcan juridique et social discriminatoire, un refus de la ségrégation socio-religieuse. Mais depuis la révolution iranienne, le foulard fait son grand retour et si le tchador fait fureur en Iran, c’est le hidjab n’ayant aucune légitimité culturelle que les ultra ont réussi à imposer. Le terme se traduit par rideau qui exprime la double fonction de cacher et de séparer. Il est constitué d’un foulard blanc, gris, beige ou imprimé, rabaissé sur le front et étroitement serré autour du visage de façon à ne laisser s’échapper aucun cheveu, assorti d’une robe-tunique informe et quelquefois de lunettes noires et de gants. C’est cette uniforme, étendard revendicatif que l’on voit se répandre partout dans nos villes. La femme qui le porte est aujourd’hui ou résignée ou militante agressive à l’instar de nos féministes soixante-huitardes.
- La naissance d’une fille est une disgrâce
Mohammed, en s’insurgeant contre le polythéisme de ses contemporains, s’indignait spécialement du fait que leur Panthéon comptait trois divinités féminines, ! !, d’où ces invectives aux Mecquois :
Sr. XLIII. 15. - Dieu aurait-il pris des filles parmi ses créatures, et vous aurait-il choisis pour ses fils ? 16. Et cependant, quand on annonce à l’un d’entre (vous) la naissance (d’une fille) sa figure se couvre de tristesse et il est oppressé par la douleur.
Dans le Hedjaz préislamique, il était coutume dans certaines tribus, de tuer les filles dès la naissance, en les brûlant ou les enterrant vives. L’avènement de l’islam mit fin à ces pratiques, évoquées et condamnées par le Coran.
- Régression de la condition féminine
Par rapport au christianisme, l’Islam a bel et bien instauré une régression. De surcroît, en conférant un caractère divin aux préceptes coraniques, il les a figés à tout jamais.
Même si le Coran ne les prescrit pas, les coutumes mutilantes ont perduré : l’excision est toujours pratiquée dans 32 pays d’Afrique dont l’Egypte. Une fatwa délivrée au Caire en 1995 par l’institut coranique El-Azhar approuve ces pratiques au motif que « les filles qui ne sont pas excisées dans leur jeunesse ont un tempérament chaud et de mauvaises habitudes. »
En outre, l’infériorité féminine se vérifie dans tous les domaines de
2. MARIAGE ET POLYGAMIE
- Les femmes ont été créées de (et pour) les hommes
Sr. XXX. 20 - C’en est un aussi (un signe de la puissance de Dieu) qu’il vous a créé des épouses formées de vous-mêmes, pour que vous habitiez avec elles. Il y a dans ceci des signes pour ceux qui réfléchissent.
- la sexualité dans l’islam
Si le christianisme a érigé la chasteté en vertu éminente, l’islam, lui, ignore les épousailles mystiques et désapprouve la virginité permanente à laquelle il ne croit pas.
« Coïtez et procréez car à chaque fois que vous faites œuvre de chair, vous faites une aumône » répétait Mahomet. En effet, la fonction sexuelle est en elle-même sacrée : elle est un de ces signes auxquels se reconnaît la puissance de Dieu.
En outre, le Coran laisse rêveurs ses lecteurs qui découvrent qu’après leur mort ils pourront jouir sans fin de hourris aux yeux clairs, toujours vierges et d’égale jeunesse. Quant aux femmes, une confidence du Prophète nous donne leur lot dans l’au-delà : « L’enfer est surtout peuplé de femmes ».
Mais le Coran fixe aussi les règles en ce bas monde avec force détails qui détonnent pour un livre sacré…
- Le devoir de mariage
Le célibat étant contraire au Coran, le mariage est la voie normale de
En outre, le problème de la filiation musulmane se pose de façon non avouée par les musulmans. Mais les faits sont là : selon une enquête réalisée par l’Institut national des études démographiques, « si la moitié des jeunes gens d’origine algérienne se marie avec des Françaises, seulement le quart des filles se marient avec des Français. » La protection de la Oumma passe avant tout : la femme risquerait d’embrasser la religion de son mari et la descendance serait perdue pour l’islam.
- Ils en disposent à leur gré
Sr. II. 223. - Vos femmes sont votre champ. Allez à votre champ comme vous voudrez, mais faites auparavant quelque chose en faveur de vos âmes[2].
- Comment on doit traiter les épouses
L’épouse est l’objet de son mari. L’indocilité féminine est passible de sanctions « divinement » instaurées par le Coran puisqu’il est permis à l’époux de corriger sa femme fut-ce au moyen de coups. Ces punitions évitent à l’épouse qui se conduit mal d’être traduite en justice et donc de jeter le discrédit sur la famille.
Sr. IV. 23. - O croyants, (… Si vous répudiez une femme, ne lui reprenez pas sa dot…) Soyez bons dans vos procédés à leur égard. Si parmi vos femmes, il y en a pour qui vous avez de l’éloignement, il se peut que vous ayez de l’éloignement pour une chose dans laquelle Dieu a déposé un bien immense.
- Le châtiment de la femme libre adultère
L’Islam se montre intraitable concernant l’adultère (100 coups de fouet voire la peine de mort par lapidation).
Sr. IV. 19. - Si vos femmes commettent l’action infâme, appelez quatre témoins. Si leurs témoignages se réunissent contre elles, enfermez-les dans des maisons jusqu’à ce que la mort les enlève ou que Dieu leur procure quelque moyen de salut.
- Il est moins sévère pour la femme esclave
A celles-ci, en effet, le Coran prescrit de n’infliger que la moitié de la peine, ce qui montre que la sanction de l’adultère n’était pas la mort.
- La répudiation est autorisée
En effet, « Dieu ne vous punira point pour une méprise dans vos serments » (Sr. II. 225).
Elle fait l’objet de méticuleuses prescriptions, dont voici quelques-unes :
Sr. II. 229. - La répudiation peut se faire deux fois (sans entraîner d’autres conséquences que de reprendre simplement sa femme) (…)
Sr. II. 230. - Si un mari répudie trois fois sa femme, il ne lui est permis de la reprendre que lorsqu’elle aura épousé un autre mari, et lorsque celui-ci l’aura répudiée à son tour. (…)
Sr. II. 228. - Les femmes répudiées laisseront écouler le temps de trois menstrues avant de se remarier. Elles ne doivent point cacher ce que Dieu a créé dans leur sein, si elles croient en Dieu et au jour dernier. Il est plus équitable que les maris les reprennent quand elles sont dans cet état, s’ils désirent le bien. Les femmes, à l’égard de leurs maris, et ceux-ci à l’égard de leurs femmes, doivent se conduire honnêtement. Les maris ont le pas sur leurs femmes. Dieu est puissant et sage.
Rien n’empêche l’époux de recourir à
Un mari ivre l’ayant prononcée, ne pourrait récupérer sa femme que si elle a été de nouveau répudiée par un autre mari. Des « licitateurs » professionnels se sont spécialisés dans des noces d’une nuit. Les législations modernes envisagent de plus en plus facilement l’indemnisation de l’épouse. Elle peut également recourir au divorce à condition qu’il ait été prévu dans le contrat de mariage. La situation de l’épouse est précaire et rend le foyer instable, instabilité aggravée par la polygamie.
- La polygamie est autorisée, mais limitée à quatre
La polygamie préexistait à l’islam, qui la conserva et que le Coran règlemente :
Sr. IV. 3. - Si vous craignez de ne pas être équitables envers les orphelins, n’épousez, parmi les femmes qui vous plaisent, que deux, trois ou quatre (…) (K)
« Epousez comme il vous plaira, 2, 3 ou 4 femmes. Mais si vous craignez de ne pas être équitables, prenez une seule femme ou vos captives de guerre » (4,3). Un roulement est établi pour passer la nuit avec l’époux. On le voit, dans l’Islam, on ne se marie pas pour le meilleur et pour le pire mais l’homme cherche le meilleur sans accepter le pire. Les docteurs ès-Islam justifient la polygamie pour pallier la stérilité de l’épouse, la ménopause ou une maladie chronique rendant l’épouse incapable de s’occuper du foyer, les autres palliant sa déficience. Il ne reste à la femme qu’à vivre cette situation dans la résignation ou l’offrande.
Le mariage musulman n’encourage pas la fidélité ou l’oubli de soi tels qu’ils se vivent dans l’amour conjugal chrétien.
3.
La femme est-elle toujours considérée comme inférieure ? Sa condition en pays d’islam est-elle toujours régie par les règles et textes que l’on vient de lire ?
Dans ses manifestations extérieures, la conception musulmane du statut de la femme (port du voile, relations avec l’extérieur, participation à des activités salariées, etc …) varie sensiblement d’un État à l’autre. Chez certains, elle tend - jusqu’à un certain point - à devenir moins rigide, plus libérale.
Mais il reste très difficile de distinguer entre l’évolution apparente et l’immobilisme réel de fond, d’une part, - et d’autre part, certains courants tendent à réinstaurer les règles coraniques et traditionnelles là où il a pu sembler qu’elles s’estompaient.
L’étude cas par cas de ces situations nous entraînerait au-delà des limites de cette étude.
Cependant, voici quelques exemples récents qui aideront à se faire une opinion.
• A l’étranger
- Évolution vers un statut plus libéral ?
En Tunisie, elle est déjà réalisée : cependant, de jeunes Tunisiens exposaient récemment, - et non sans véhémence - qu’ils contestaient cette concession aux errements européens et qu’ils entendaient bien agir en faveur d’un retour aux règles de l’islam authentique.
Ils ajoutaient : « Nous ne tenons pas à ce que nos femmes deviennent des p… comme les françaises du Club Méditerranée sur nos plages. »
En Algérie, l’on affirme que le nouveau Code de la famille est plus libéral pour la femme ; du moins est-ce ce que nous lisions dans une petite revue paroissiale de l’Est de la France, qui saluait cet évènement.
Mais, un mois plus tard, on nous montrait une vigoureuse protestation d’un club algérois de femmes (il en existe donc ?) dénonçant l’hypocrisie des concepteurs « machistes » de ce nouveau code !
Sous des dehors libéraux, accusent-elles, ce code est en réalité pour la femme musulmane un retour en arrière de plusieurs siècles ! Qui croire, de la revue paroissiale ou de ces protestataires ? A notre avis, plutôt les secondes, davantage impliquées…
- Immobilisme, statu-quo coranique ?
Dans un État d’Arabie, le barème des indemnités à verser par l’auteur d’un accident d’automobile mortel à la famille de la victime a été récemment actualisé ; nous n’avons noté ni la monnaie en cours, ni les chiffres précis, mais les proportions sont les suivantes :
Victime musulmane homme : 1 000
femme : 500
Non-musulmane homme : 250
femme : 125
• En France
- Une évolution apparente
Au contact de notre société, ces conceptions s’affaiblissent-elles chez l’immigré musulman ? E semble en effet qu’il y ait une évolution, naturellement plus marqué chez ceux de la 2ème génération et, davantage, de la 3ème.
L’on voit de plus en plus couramment des femmes musulmanes accomplir à l’extérieur les tâches, missions ou commissions dont leurs maris, au travail, ne peuvent se charger : mettre un mandat à la poste, pousser un « caddie » dans un supermarché, etc…
Mais cela se passe en France, hors du contexte religieux, familial, tribal de là-bas ; ces femmes, replongées dans ce contexte, oseraient-elles les mêmes comportements ? Il est permis d’en douter lorsque nous entendons certains immigrés nous raconter leurs souvenirs de vacances. Là-bas, on ne se permet pas ce que l’on se permet ici, on se ferait mal voir par la famille.
- Mais le fond et les réflexes subsistent
Dans une étude réalisée par la Documentation française[3], on signale comme « souvent dramatiques et portant atteinte aux droits de la personne » le cas d’adolescentes musulmanes soustraites après l’âge de 15 ans à l’obligation scolaire sur présentation d’un certificat médical attestant que la mère fatiguée a besoin d’aide au foyer. On devine que l’état de la mère est un prétexte, et qu’en réalité il s’agit d’appliquer la tradition ; la fille doit rester à la maison dès qu’elle est nubile.[4]
Le statut de la femme ne semble pas évoluer.
Certains auteurs se donnent beaucoup de mal pour nous persuader que, contrairement à une image répandue, l’islam a beaucoup fait pour la libération de la femme.
Ainsi Marc Bergé[5] écrit :
L’islam a libéré la femme, mais l’a protégée à l’excès (…) (cependant) l’égalité de base entre l’homme et la femme, entre tous les êtres humains, est suggérée dans le Coran quand il y est question de la création[6] : Craignez Dieu qui vous a créés d’un même souffle, et de ce souffle il a créé un couple dont procèdent beaucoup d’hommes et de femmes.
(…) Mais quel que soit le besoin urgent de libération qu’éprouve encore aujourd’hui la femme musulmane, il est important de mesurer tout ce que l’islam a apporté, en son temps, à l’être humain – homme ou femme - dans le sens de la dignité et de l’égalité. Les prescriptions concernant la femme « représentaient au moment où le Coran fut révélé la législation la plus "féministe" du monde civilisé ».[7]
(…) Dans aucune civilisation, on ne peut dire encore que la femme ou l’homme, sur le plan du droit, sont définitivement libérés.
La lecture des versets du Coran, autant que l’observation constante des faits, conduit à des conclusions sensiblement différentes de celles formulées par cet auteur.
L’islam est une religion faite par un homme, réglementée par lui et par d’autres hommes, pour des hommes. Rien d’étonnant donc à ce que nous constations combien ces mêmes hommes répugnent à modifier le statut de la femme, et que l’évolution de l’islam à cet égard paraisse si lente au regard de ce qui se passe dans les autres sociétés.
[1] La femme, à cause de sa raison défectueuse, est toujours disposée à chercher des querelles sans motif (Note de Kazimirski dont nous tirons cette traduction).
[2] Un acte de dévotion ou de charité.
[3] L’insertion des jeunes d’origine étrangère dans la société française ; La documentation française, Paris, page 58.
[4] Les rapporteurs de la D.F. jugent illégale cette pratique, préconisent l’intervention du ministère de l’Éducation nationale pour la faire cesser, et proposent de créer des centres pour recevoir les fugueuses musulmanes dont la réintégration dans les familles paraît impossible…
Dix lignes plus loin, ces mêmes rapporteurs, - afin que les enfants d’origine étrangère puissent « valoriser leur identité culturelle », proposent que l’enseignement de ces cultures, « civilisation, art, histoire, religion (souligné par nous) soit réalisé dans nos écoles » !
Bref : dénonçons cette pratique de l’islam, mais propageons l’islam ! (et dans les deux cas, aux frais du contribuable français). Ubuesque ! Mais tragique aussi.
[5] Marc Bergé, Les Arabes. Éditions Lidis, Paris, 1978, pages 571 et 572.
[6] Mais la supériorité de l’homme sur la femme est non pas suggérée mais clairement affirmée, et à plusieurs reprises, dans le même Coran.
[7] G. Tillon Les cousins et le harem, Seuil 1966, page 170. Cité par M. Bergé.
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